L’organisation des espaces méditerranéens en France

Cette illustration sur les espaces méditerranéens a été élaborée pour un cours sur les espaces ruraux destiné Organisation des espaces méditerranéensaux classes préparatoires BCPST (les « agro-véto », rares prépas scientifiques à avoir la chance de faire de la géographie). Le principe est de croiser les données physiques avec les formes d’occupation de l’espace traditionnelles et héritées. Le tout se veut un outil pensé pour installer, en les reliant entre eux de façon dynamique, la plupart des notions et du vocabulaire de base de l’étude des espaces méditerranéens français et européens. Lire la suite

Carte : voir la France entière au 1/25 000

Mise à jour du 28//01/16 : Le texte original qui suit évoque la pertinence de la couche scan25 pour l’analyse géographique à différentes échelles. Contacté et apparemment sensibilisé à la question, le Géoportail a finalement exaucé nos vœux :

Voici le genre de titre qui ne va faire frissonner qu’une poignée de passionnés de la carte topo, et encore faut-il l’expliquer ; mais il faut avouer que cet article fait suite à de longues minutes d’émerveillement devant le Géoportail, que quelques mails d’information aux collègues n’ont cessées d’entretenir. L’objet de tant de brillance dans nos yeux ? Une option passagère (ou un bug…) permettait de maintenir la couche d’information « Top 25 » à toutes les échelles. Cette possibilité soudaine et éphémère était alors l’occasion de constater que la couche d’information du 25 000ème, qui est le standard de l’analyse à grande échelle (la petite…), s’avère particulièrement pertinente à petite échelle.

Carte_France_25000_EcranVersion Haute-Qualité disponible en .pdf en téléchargement : Carte_France_25000_Qualité

Si l’option n’est malheureusement aujourd’hui plus disponible, j’ai Lire la suite

Dominique Marchais dans les pas des géographes (ruralistes)

Affiche du FilmLa ligne de partage des eaux est un long-métrage documentaire (1h48) réalisé par Dominique Marchais, sorti en salle le 23 avril 2014, et distribué par Les films du losange.

En ces temps de vulgate populiste sur le supposé dysfonctionnement du « mille-feuille territorial », les occasions de redonner du crédit, à ce que l’on préfèrerait appeler « le jeu d’échelle démocratique », sont suffisamment rares pour être notées. En se penchant sur les causes et les conséquences des mutations paysagères sur un bassin versant, appréhendé comme un écosystème, l’enquête géographique de Dominique Marchais apporte avec beaucoup de finesse une nécessaire nuance ondulatoire dans cet océan de contre-vérités territoriales et de tsunami réformiste. Ainsi, dès le titre, l’usage de la métaphore géographique de la ligne de partage des eaux, si elle renvoie à la frontière qui sépare des bassins versants, apparait aussi comme une ligne politique reliant des individus et des groupes qui ont quelque chose en partage.

LIGNE DE PARTAGE DES EAUX FA HD VOFR from Les Films Du Losange on Vimeo.

Une géographie totale au fil de l’eau

Le bassin versant décrit par Dominique Marchais draine en effet avec lui tout ce qui fait l’intérêt géographique, politique, sociologique et historique des études rurales contemporaines. Certes le film ne peut prétendre embrasser toutes ces problématiques, mais il a l’immense intérêt d’en faire un objet avec ses propres logiques (trop souvent traité sous le prisme d’une généralisation de l’urbain), sans le déconnecter d’un contexte général (face aux nombreux récits d’utopies locales auto-réalisatrices). En effet, s’il s’arrête sur des éléments situés qui servent traditionnellement à distinguer les territoires (paysage agricole, promotion immobilière et urbanisme, tourisme patrimonial, milieux naturels, marketing et développement économique), le film s’avère être un formidable incubateur de liens, de rencontres, et de connexions entre les espaces. Des liens fragmentés, mais rassemblés autour de ce qu’ils produisent comme relation «au pays », et aussi par la manière dont ils fragilisent de façon concomitante un écosystème global, où la campagne ne se pense pas indépendamment de la ville. Lire la suite

Aux origines de la huerta valencienne : organigramme

organigramme-huerta-valencienne-facteursLa huerta de la région de Valencia en Espagne est un modèle de système agraire, dont on retrouve des avatars dans d’autres espaces comme le Midi français, dans le Comtat Venaissin par exemple. Il s’agit d’un espace de colutra promiscua associant des cultures fragiles et rentables comme les agrumes avec la trilogie méditerranéenne. Elle puise dans les héritages historiques de la région, notamment la culture arabo-musulmane qui a permis l’introduction de plantes nouvelles et la maîtrise de l’irrigation par gravité. On peut également la considérer comme un géosystème, en ce qu’elle est le produit de l’adaptation des sociétés humaines au milieu méditerranéen.

Les Parcs Naturels de France

carte parcs naturels france

Mise à jour de la carte des Parcs Nationaux de France. De nombreux Parcs ont été créés depuis la première version de cette carte en 2007. La politique des parcs nationaux en France commence en 1963 avec la Vanoise. Puis suivent : Port-Cros, les Écrins, les Pyrénées, les Cévennes, le Mercantour. Le premier parc en outre-mer est créé en Guadeloupe en 1988, suivi par la Guyane en 2007. Les parcs récents sont surtout marins : Iroise, Mayotte, Golfe du Lion, Calanques (avec une partie terrestre), estuaires picards, Glorieuses et enfin Bassin d’Arcachon en 2012.

Leur but est la protection de milieux relativement « sauvages » et d’espèces animales au végétal. Ainsi le parc du Mercantour a joué un rôle dans la réintroduction du loup dans les Alpes à partir de meutes italiennes. Les Parcs Nationaux comportent deux zones distinctes. Le « cœur de parc » ou « zone centrale » fait l’objet des mesures de protection les plus strictes. Cet espace ne comporte théoriquement pas d’habitat humain permanent, à l’exception de 80 habitants dans les Cévennes. La « zone d’adhésion » ou périphérique, comporte des espaces adhérents du Parc mais où les activités humaines sont davantage prises en compte dans la protection de l’environnement.

Les mesures de protection sont différentielles, elles peuvent ne pas s’appliquer à tous les espaces du parc. Elles sont nombreuses, citons à titres d’exemple : l’interdiction du bivouac, de faire du feu, du VTT, des sports aériens, des prélèvements, de la chasse, des animaux domestiques… Comme toujours dans la préservation des espaces naturels en France, ces interdictions sont associées à des mesures de sensibilisation. A ce titre, les « maisons du parc » informent les visiteurs sur les milieux naturels.

Un peu d’hydrologie illustrée

Le cycle de l’eau : précipitations, précipitations neigeuses, neiges « éternelles », ruissellement, infiltration, nappe phréatique, mer, évaporation, glacier

Hydrologie fluviale : fleuve, rivière, torrent, affluent, confluence, lit majeur, bras mort, source/résurgence vauclusienne, ligne de sources, déversoir, lac, exutoire, lac de barrage, cascades, rapides, cataracte, chute d’eau, delta intérieur, chenaux anastomosés, embouchure, estuaire

Glaciologie : vallée glaciaire, moraines latérales, crevasses, névé, front de glacier, cours d’eau sous-glaciaire, vallée suspendue

Aménagements humains, pollution, protection des milieux : pont, barrage hydro-électrique, retenue collinaire, station de pompage, châteaux d’eau (stockage), distribution aux usagers, station d’épuration, pollution, hydrocarbures, eutrophisation, infiltration des intrants, zone humide protégée (site RAMSAR).

Divers : terrasses alluviales, berge, étang, marais

La France : agriculture et pêche, spécialités régionales

La France, agriculture et pêche, croquis de synthèse

La France, spécialités régionales, un clin d’œil aux cartes murales d’autrefois 😉

COMMENTAIRE

On retrouve sur la carte, entre autres :

ALSACE : farine de blé (gâteaux et pâtisseries : kouglof), vins blancs d’Alsace, bière d’Alsace
AQUITAINE : huîtres (Arcachon, Oléron), pin des Landes, foie gras et charcuterie du Périgord, fromages basques (Ossau Irati), tabac, vins rouges et blancs (Bordeaux, Entre-deux-mers, Médoc, Graves…)
AUVERGNE : fromages de vache (St Nectaire…), poissons de la Loire et de l’Allier
BOURGOGNE : petits fruits (cassis, myrtilles) de Dijon, charcuterie du Morvan, poissons de la Saône, vache charolaise, vins rouges et blancs de Bourgogne (Côte de Beaune, Côte de Nuits …)
BRETAGNE : poissons et fruits de mer, charcuterie (Andouille de Guéméné), cidre, pommes
CENTRE : gibiers des marais de Sologne et Brenne, vins blancs du Sancerrois, vins rouges de Tourraine et Vouvray
CHAMPAGNE-ARDENNE : gibier des Ardennes (son fameux sangler !), vins de champagne
CORSE : charcuterie (saucisson, figatelli…), châtaigne, fromages secs
FRANCHE-COMTE : charcuterie (saucisse de Morteau…), fromages de vache (comté, cancoillote…), poissons de la Saône, vins blancs du Jura
GUADELOUPE : canne à sucre, bananes
GUYANE : canne à sucre, gibier et poisson de la forêt amazonienne
ÎLE-DE-FRANCE : Brie de Meaux et de Melun, farine de blé et céréales
LANGUEDOC-ROUSSILLON : fromages des Pyrénées, vins rouges du Languedoc, poissons de la Méditerranée, fruits, châtaigne des Cévennes, sel de mer
LIMOUSIN : fromages, vache limousine
LORRAINE : fruits (mirabelle), gibier et miel des Vosges, poissons de la Meuse et de la Moselle, vins blancs de Moselle
MARTINIQUE : bananes
MIDI-PYRÉNÉES : poulet du Gers, foie gras, fromages des Causses, charcuterie (saucisse de Toulouse…), tabac, vins rouges (Albigeois…)
NORD-PAS-DE-CALAIS : bière de Flandre
NORMANDIE : cidre, fromages de vache (Camembert, Livarot…), poissons et fruits de mer, pommes
PAYS DE LOIRE : charcuterie (rillettes du Mans…), fromages mayennais, fruits de mer, pommes et poires, poulets de la Sarthe, vins blancs (Muscadet…), vins rouges d’Anjou, sel de Guérande
PICARDIE : céréales, betterave, gibier d’eau de la Baie de Somme, poissons de mer, pomme de terre
POITOU-CHARENTES : vins (Pineau), apéritifs des Charentes (Armagnac, Cognac, fromages de chèvre (Chabichou), fruits de mer
PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR : fruits méditerranéens, fromages de brebis des Hautes-Alpes, olives et huile d’olive, poissons de la Méditerranée, vins de Provence, sel marin
RÉUNION : ananas, canne à sucre
RHÔNE-ALPES : poules de Bresse, charcuteries lyonnaises (rosette, jésus…), fromages de vache de Savoie (tomes..), abricots de la Drôme, olive et huile de Nyons, vins blancs (Côte Rôtie), vins rouges (Beaujolais, Côte du Rhône).

J’espère ne heurter aucune sensibilité régionale. Pour des raisons évidentes de lisibilité de la carte, toutes les spécialités culinaires régionales n’ont pas pu être représentées ! 

Les systèmes agricoles dans le monde

COMMENTAIRE

Une typologie des systèmes de production

    Cette carte a pour but de répondre à l’un des problèmes que peut poser le programme de seconde, celui de la typologie des systèmes de production. En effet, les systèmes de production ou systèmes agricoles peuvent être différenciés selon des critères fort nombreux : rôles des communautés agraires, rendements à l’hectare, la productivité, le niveau de vie des agriculteurs, la place de l’élevage, etc. (DIRY, 1999). Or les enseignants (et les élèves !) ont besoin, pour présenter de façon synthétique les différentes agricultures, d’une typologie simple. Le choix a donc été pris de proposer une légende à double entrée. Les deux critères choisis sont l’intensivité (rendements élevés à l’hectare) et la nature dite « paysanne » ou commerciale de l’agriculture. On considère qu’une agriculture paysanne est une agriculture pratiquée dans des sociétés où l’activité agricole a une forte place, exercée par une part importante, voire majoritaire de la population. Elle peut être vivrière, c’est-à-dire que la plus grande partie de la production est consommée sur place. Dans l’agriculture commerciale à l’inverse, l’essentiel de la production est destiné à être transporté et vendu. Elle est le plus souvent le fait de sociétés où la part des actifs agricoles est faible, et elle peut demander des investissements importants.

    La carte est évidemment caricaturale, parce qu’elle tente de répondre à un besoin pédagogique de simplification. Il est évident que plusieurs systèmes peuvent cohabiter sur un même espace.

Explication de la légende

agriculture paysanne agriculture commerciale
très intensive L’agriculture paysanne intensive concerne au premier chef les grands foyers de production asiatiques. Dans ces régions, la Révolution Verte a permis depuis les années 1960 de répondre aux besoins d’une population en forte croissance, notamment grâce à des techniques modernes d’irrigation. On a inclus dans ce type les hauts plateaux mexicains et malgaches, et les vallées irriguées du Moyen-Orient. Les rendements peuvent être très élevés. L’agriculture productiviste est née de la seconde révolution agricole dans les pays du Nord. La production est très motorisée, demande des investissements lourds, et les rendements à l’hectare sont très élevés. L’Europe du Nord-Ouest en offre l’exemple le plus abouti.
L’agriculture méditerranéenne est caractérisée par une grande diversité des productions (polyculture). Les rendements élevés sont souvent à l’usage de l’irrigation et à une main d’oeuvre nombreuse.
assez intensive L’agriculture paysanne traditionnelle regroupe des agriculture très diverses. On a fait le choix d’y inclure l’agriculture collectiviste en reconversion. Certes l’intensivité, les moyens matériels et les conditions du milieu sont très variables des savanes africaines à l’Europe orientale, mais d’une manière générale c’est une agriculture qui connaît des difficultés structurelles. L’agriculture de plantation est difficile à cartographier car il s’agit plus d’un archipel de cultures que d’un système couvrant de vastes espaces. Elle correspond à une forme coloniale d’exploitation agricole. Il s’agit de culture pérennes (arbres ou arbustes) et tropicales ou subtropicales.
Elles engendrent souvent des sociétés très inégalitaires, et ont été marquées aux Amériques par l’esclavage.
extensive L’élevage nomade correspond à une utilisation très extensive d’un espace soumis à de fortes contraintes, notamment l’ariditié. Ces contraintes limitent l’agriculture à des oasis isolés. On retrouve ce système dans une large bande allant du Sahara aux steppes d’Asie. La céréaliculture commerciale extensive est un système typique des « pays neufs » (Etats-Unis, Australie, Canada …). Elle est extensive parce les rendements à l’hectare sont plus faibles qu’en système productiviste, mais en raison des très vastes surfaces cultivées, elle dégage des excédents importants permettant l’exportation.
très extensive Quelques groupes de chasseurs-cueilleurs subsistent dans le désert australien et les forêts équatoriales d’Amérique, d’Afrique et d’Océanie. On trouve également dans ces forêts une forme d’agriculture nomade, l’agriculture itinérante sur brûlis. On trouve enfin des éleveurs nomades de grands cervidés dans les régions froides du Grand nord canadien et russe L’élevage commercial extensif s’étend dans les régions des « pays neufs » qui ne se prêtent pas aux cultures en raison de contraintes trop fortes (aridité notamment). Les cheptels vivent en semi-libertés dans de très vastes espaces, et surveillés par une main d’oeuvre très peu nombreuse (dont l’archétype est évidemment le « cow boy » américain, nommé gaucho en Argentine)