Une carte des paysages français

carte paysages ruraux en france

À l’occasion de la parution des Territoires ruraux en France, publié par deux géothécaires aux éditions Ellipses1Jean-Benoît Bouron et Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., 2015, ISBN 9782340006379. (oui on en parle beaucoup mais c’est parce qu’on est contents !), la Géothèque vous propose la version couleurs d’une carte disponible en noir et blanc dans l’ouvrage. Elle donne à lire la diversité des paysages ruraux français. C’est certes un lieu commun de la géographie française, mais la formule toute faite n’en est pas pour autant dénuée de fondement. C’est d’ailleurs cette diversité à plusieurs échelles qui rend la généralisation particulièrement risquée, et le travail du cartographe périlleux. Ce n’est donc pas sans consentir à de grands sacrifices que nous avons construit cette carte bariolée. Résultat des données très fines de Corine Land Cover, c’est-à-dire de la photo-interprétation d’images satellitaires, elle prend volontairement la modernité à contre-pied en se voulant un hommage aux anciennes cartes murales, dont la mode actuelle reflète un certain engouement pour l’ambiance austère des salles de classe de la IIIe République2Au point de générer des passions et des histoires plus ou moins rocambolesques, comme cette affaire de vol en Alsace.. Lire la suite

Notes

1 Jean-Benoît Bouron et Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., 2015, ISBN 9782340006379.
2 Au point de générer des passions et des histoires plus ou moins rocambolesques, comme cette affaire de vol en Alsace.

Croquis : Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation

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Deux croquis destinés tout particulièrement aux classes de Terminale. Il s’agit en fait du corrigé de l’un des cinq croquis exigibles au baccalauréat en Terminale S, sur le sujet : « Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation ». L’objectif est théoriquement pour l’élève de construire le croquis en une grosse heure, ce qui pousse à l’apprentissage par cœur de ces cinq croquis. Il est bien sûr souhaitable de faire construire la carte par les élèves, mais il peut être utile également d’en proposer un corrigé. Ce qui ne doit pas forcément devenir une habitude peut permettre, en début d’année, de montrer l’exemple en posant certains réflexes cartographiques. Cela peut s’appuyer sur une réflexion sur les figurés, par exemple en s’appuyant sur ce document : Lire la suite

Parution du Bouron/Georges : Les territoires ruraux en France

Pour accéder à la fiche du livre sur le site de l’éditeur : cliquez ici ;

Pour lire la recension de l’ouvrage par Catherine Didier-Fevre pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage par Xavier Leroux pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage dans la revue Population&Avenir : cliquez ici

C’est un tout petit événement dans le monde de l’édition, mais c’est une belle aventure pour deux géothécaires : Jean-Benoît et Pierre-Marie sont heureux de vous annoncer la naissance du Bouron/Georges*, fruit de la rencontre de leurs regards et de leurs connaissances sur les territoires ruraux français. Bref, nous sommes contents !

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Le livre est publié aux éditions Ellipses, que l’on remercie d’une part pour leur accompagnement et la confiance qu’ils nous ont accordée, en particulier Anne Lacambre, d’autre part pour le beau flyer promotionnel qu’ils ont préparé :

Flyer Bouron-Georges – Les territoires ruraux en France

Aussi, si le visuel de couverture ne suffit pas à vous convaincre de courir l’acheter chez votre libraire préféré, ou ici, ici, ici, ici, ici ou ici…, le descriptif de la 4ème de couverture aide à préciser les contours de l’ouvrage :

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Carte : l’habitation coloniale Bois-Debout en Guadeloupe

L’illustration ci-dessous est la version couleurs d’une image publiée dans JB Bouron, PM Georges, Les territoires ruraux en France, Ellipses, 2015, à paraître le 8 septembre 2015.
Plan de l'habitation Bois-Debout à Capesterre (Guadeloupe)

L’habitation coloniale n’est pas seulement le bâtiment hérité de la période coloniale, mais aussi et surtout une exploitation agricole fondée sur l’esclavage. Elle est donc à la fois une forme de bâti, un système agraire esclavagiste, et aujourd’hui une structure d’exploitation héritée. La maison des maîtres est généralement placée sur une petite hauteur en retrait du littoral de manière à éviter les tempêtes littorales, à profiter d’un air plus frais, et sert probablement à garder un point de vue panoramique sur des cultures atteignant une certaine hauteur comme la canne à sucre. La canne, en de nombreuses parties des Antilles, a aujourd’hui laissé la place à la banane. Mais de plus en plus souvent, elle est réintroduite en rotation, tant on sait que le bananier est une culture fragilisante pour l’équilibre des sols, notamment en monoculture intensive.

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La filière pomme de terre en France

Une image, pour teaser (pardon, il faut dire aguicher, pour respecter les recommandations officielles de la Commission de terminologie et de néologie1Teasing dans Wikipédia) la parution prochaine d’un ouvrage publié par deux membres de la Géothèque2J-B Bouron et P-M Georges, Les territoires ruraux en France, Géographie des ruralités contemporaines, Paris : éditions Ellipses. 450 p. parution prévue 8 septembre 2015.. Une carte des patates, pour faire court.

Production pommes de terre France

La pomme de terre est restée inconnue des Européens jusqu’à la découverte du continent américain et son exploration à partir du XVIe siècle. Sa rusticité, son rendement élevé et sa capacité à se développer dans des conditions climatiques et édaphiques extrêmes en avaient fait la base de l’alimentation des peuples andins. La pomme de terre fut rapidement adoptée par les habitants du vieux continents pour lesquels elle représentait une arme efficace contre les famines récurrentes. Elle devint pratiquement le légume national de l’Irlande, et les Français, quoique fort réticents jusqu’aux manœuvres astucieuses du baron Parmentier, finirent par chercher tous les moyens de l’accommoder. Ils lui choisirent un autre nom que celui de patate (en espagnol, italien, anglais, etc.) et la baptisèrent « pomme de terre », « pomme » signifiant « fruit ». La pomme de terre reste encore la base de l’alimentation dans de nombreux pays du monde et l’ONU a déclaré l’année 2008 année internationale de la pomme de terre en raisons des services rendus par ce tubercule.

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Notes

1 Teasing dans Wikipédia
2 J-B Bouron et P-M Georges, Les territoires ruraux en France, Géographie des ruralités contemporaines, Paris : éditions Ellipses. 450 p. parution prévue 8 septembre 2015.

Des AOC à la carte : cartographier les appellations d’origine contrôlée

Cet article propose un jeu de 4 cartes sur les AOC/AOP françaises. Il s’agit ici de revenir sur la genèse de ces cartes. Pour un commentaire plus complet et problématisé sur la place des AOC et des produits de terroir dans la dynamique des espaces ruraux, nous renvoyons le lecteur vers le Bouron-Georges*, dont la publication prochaine permettra de retrouver deux des cartes présentées ici.

* Jean-Benoît BOURON & Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., 2015. (disponible à partir du 8 septembre 2015).

CaptureAOC

À l’heure de l’open-data et de la profusion de productions (carto)graphiques qui l’accompagnent, l’adage qui veut que « faire une carte, c’est faire des choix » passe parfois au second plan. Pourtant, derrière l’apparente simplicité de l’usage de l’outil cartographique, apprendre à analyser les informations que l’auteur a choisi de représenter (ou choisi d’omettre) est un enjeu tout aussi important que le résultat cartographique en lui-même.

Pour prendre du recul sur une carte, on examine généralement le système de projection utilisé, on caractérise les échelles employées, on étudie la sémiologie adoptée (les couleurs, les trames, les symboles et les figurés), on scrute les délimitations, on décompose la légende, et bien entendu on porte une attention toute particulière à la ou les sources mobilisées. Ceci est le point de départ de toute analyse critique d’un document cartographique. Pourtant ce réflexe du géographe est loin d’être automatique ; et alors que la nécessaire éducation à l’image animée commence à s’imposer comme réflexe éducatif, il semble tout aussi essentiel en info-cartographie d’exercer les lecteurs à comprendre ce qui est représenté, avant de comprendre la représentation.

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It follows : horreur géographique

David Robert Mitchell, 2014 (États-Unis)

HORREUR GÉOGRAPHIQUE

It follows, sorti en 2015 sur les écrans français, a fait sensation auprès des amateurs de films d’épouvante ou d’horreur. Le scénariste et réalisateur David Robert Mitchell nous parle d’une certaine actualité puisqu’en choisissant Détroit comme décor (lui vient de Clawson dans la banlieue nord de la ville), il fait de Motor City le catalyseur de toutes les contaminations possibles d’une réalité socio-économique. Par les différentes allées et venues effectuées des quartiers bourgeois et préservés de la crise (au moins en apparence) vers ces enfilades de pavillons fantômes, il n’est pas difficile de penser à la contamination par la misère dans un premier temps et à celle opérée ensuite (grâce à l’emprise nouvelle d’un ou deux milliardaires) par la reprise économique. La lente mais sûre ruine immobilière a traduit morphologiquement toute la décrépitude économique d’une métropole en crise depuis des décennies et qui a finalement été déclarée en faillite en 2013. Les maisons abandonnées aux façades inquiétantes, parfois même éventrées depuis le temps, ont-elles appartenu à ces spectres terrifiants qui dans le film cheminent solitaires et lents vers leurs victimes ? Qui sont ces ombres tant redoutées par Jay (Maika Monroe) et ses amis ? Des chômeurs, des endettées, des nécessiteux délaissés ? Ces quartiers que certains citoyens aujourd’hui ne veulent plus voir et qu’ils démontent maison après maison, planche par planche sont à la marge. Une des filles dans It follows évoque même l’idée d’une frontière établie entre les quartiers bourgeois et les banlieues pauvres, entre le centre-ville et la périphérie, le centre commercial indiquant la limite que ses parents, petite, lui interdisait de franchir (« Je me disais que c’était vraiment dégueulasse et tordu »).

Détroit la moribonde, Détroit la lazaréenne

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Carte : la France à grande vitesse

Depuis la première version de cette carte en 2008, la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Dijon-Mulhouse a été achevée sur une grande partie de son tracé. La France des LGV est une France est inégalités et de l’effet-tunnel. Rares sont les métropoles dotées de la LGV, et l’axe central Nord-Sud relie les quatre premières unités urbaines du pays : Lille, Paris, Lyon et Marseille. Si des villes moyennes comme Le Mans, Reims, Tours ou Valence ont profité d’un relatif »effet TGV » et des fameux navetteurs qui s’installent dans ces villes pour travailler dans des métropoles lointaines, d’autres grandes villes comme Bordeaux, Toulouse et Nice sont encore à l’écart de la France à grande vitesse. Dans ces trois villes, c’est l’aéroport qui assure une liaison rapide avec la capitale. La ligne Tours-Bordeaux est prévue pour 2017. Ailleurs, c’est l’effet tunnel qui domine : la ligne TGV crée une coupure dans les territoires locaux sans participer à leur dynamisme, en particulier dans le cas de gares construites en rase campagne comme la « gare des betteraves » en Picardie.

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Etonnantes superficies

Il est difficile de trouver un titre accrocheur pour une image portant sur la superficie de quelques circonscriptions administratives. Et pourtant, ces faits peuvent surprendre. On sait souvent qu’Arles est la plus grande commune de France métropolitaine, parce qu’elle comprend une grande partie de la Camargue, mais on oublie parfois que c’est Maripasoula qui détient le record absolu du territoire français. Cette commune de Guyane comprend une grande partie du principal massif forestier français : la Forêt amazonienne. Ses 7500 habitants lui donnent une densité exceptionnellement faible de 0,41 habitants par kilomètre carré. Si Arles est plus grand qu’un petit département comme le Territoire de Belfort, Maripasoula est plus grande qu’une région française comme la Corse ou le Limousin. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles cette dernière est vouée à la disparition, ou plutôt à la fusion, dans le courant de l’année 2015. Cette comparaison a aussi une vocation pédagogique : elle permet de se représenter plus facilement les superficies. On sait que les héros des romans de Zola ou Maupassant traversent Paris à pied ; les touristes d’aujourd’hui savent qu’il faut de bonnes chaussures : 10 kilomètres séparent la Porte Maillot et la Porte de Vincennes. Pour sillonner Arles, il est préférable de chevaucher l’un de ces chevaux blancs qui font la renommée du pays. C’est d’ailleurs le cheval qui a servi d’étalon (pardon) pour déterminer la taille des départements français. Ils ont été pensés, selon la vulgate, pour permettre aux citoyens d’accéder au chef-lieu depuis n’importe quelle localité en une journée de cheval. Cette règle a été peu ou prou respectée malgré quelques exceptions, et cela place aujourd’hui la préfecture à un peu plus d’une heure d’automobile des points les plus éloignés du département. Pour circuler à Maripasoula en revanche, la voiture ne sera que peu d’utilité puisqu’il n’y a pas d’autre voie terrestre pour s’y rendre que la piste qui la relie à sa voisine. La pirogue en revanche peut s’avérer utile pour circuler sur la Lawa, un affluent du Maroni, et même se rendre sur l’autre rive, au Surinam. Finalement, on peut rêver d’aventures, de frontières lointaines et de forêts luxuriantes, à partir d’une comparaison des superficies de quelques circonscriptions administratives.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l'Aube, Arles et Paris.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l’Aube, Arles et Paris.

Ville et développement durable à Nairobi

Le Parc National de Nairobi. A l'arrière, la skyline du CBD. Photographie Le Monde / Phil Moore

Le Parc National de Nairobi. A l’arrière, la skyline du CBD. Photographie Phil Moore / Le Monde

Un récent article d’Audrey Garric, paru dans Le Monde, offre un bon exemple de conflit d’usage pour un espace protégé. Il s’inscrit au cœur des thématiques étudiées en histoire-géographie en classe de 2nde. Un conflit d’usage est, en géographie, une tension entre plusieurs acteurs spatiaux qui cherchent à utiliser la même ressource ou le même espace, ces utilisations étant contradictoires. Ici, l’existence d’un Parc National protégé aux portes d’une ville, est fragilisée à la fois par les pollutions d’origine urbaine et par la pression urbaine. L’habitat informel, l’autre nom des bidonvilles (slums en anglais), autoconstruit et par définition illégal, tend à se développer dans les interstices et les marges urbaines. La progression de l’habitat informel ne touche pas le parc, mais réduit l’espace disponible autour de la ville : la zone protégée est de plus en plus considérée comme une réserve foncière. Les autorités kényanes ont déjà autorisé la construction d’infrastructures routières et ferroviaires à l’intérieur des limites du parc.

L’article d’Audrey Garric illustre les enjeux du développement durable dans les villes du Sud. La rapidité de l’urbanisation (Nairobi, 3 millions d’habitants en 2009, a été fondée en 1899) entraîne une forte artificialisation des surfaces agricoles (ici plutôt pastorales) et naturelles. Il s’agit aussi d’une urbanisation de très faible densité à l’exception du CBD (dont la disposition conforme ici au modèle théorique de la ville africaine tel qu’on l’enseignait il y a dix ans, ci-dessous). Lire la suite

Cartes du site de la Confluence à Lyon

ConfluenceConfluence en 1914Ces deux cartes, réalisées à la demande d’un professeur de collège, pourront par exemple dépanner des enseignants souhaitant travailler avec leurs élèves sur le site de la Confluence à Lyon.

La juxtaposition avec la carte de 1914 montre bien le basculement qui s’est opéré en un siècle (un pas de temps un peu long pour l’analyse des faits urbains mais j’ai été un peu contraint par la documentation). La Confluence de 1914 est l’espace de la relégation urbaine, on peut parler d’exurbanisation pour ce phénomène consistant à reléguer sur les marges urbaines les structures consommatrices d’espaces (gare, arsenal) ou productrices de nuisances (prison, usine à gaz), et souvent les deux. C’est aussi bien sûr l’espace de la relégation sociale (prolétaires, détenus), et pour beaucoup le quartier de Perrache évoque encore aujourd’hui une prostitution mal cachée. En 2014 à l’inverse la dynamique est celle de la création d’une nouvelle centralité et ce terme revient souvent dans les documents produits par les acteurs publics et privés. La séparation nette des usages a fait son temps et l’enjeu n’est plus de produire de l’urbain mais de créer de la ville, c’est à dire un espace de mixité et de densité. Le vert étant à l’ordre du jour, cela ne va pas sans la création de nombreux parcs urbains. On voit en effet que la confluence n’est plus une marge urbaine, le bâti a gagné du terrain partout autour. Enfin, le siècle écoulé a été celui d’une transition économique entre une France vouée à l’industrie, et aujourd’hui le rôle prépondérant accordé aux fonctions commerciales, culturelles et de loisirs.

Le développement durable, en tant qu’objectif, est également présent sur la carte de 2014, avec ses trois piliers (social, environnemental et économique), mais également dans une dimension plus actuelle intégrant un quatrième pilier culturel.

Voici les versions Noir et Blanc pour photocopies :

Confluence1914-NBConfluence-NB

Montreuil, « Carnet in situ » de Mehdi Zannad

Les artistes qui s’intéressent à la ville aujourd’hui sont légion. Qu’ils la prennent pour sujet (Dreamworld de Léo Fabrizio si l’on veut en citer un dont le travail nous a récemment séduit) ou bien pour support (graffitis, collages, stencil ou yarn bombing : Banksy, Invader, Miss.Tic… et une myriade de plus). A propos de la ville sujet et support (Los Angeles), on reverra également avec intérêt Mur Murs d’Agnès Varda (1981).

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Mehdi Zannad lui aussi prend la ville comme sujet et, d’une certaine façon, tout autant comme support. Il ne fait pas du graphe à Lyon ou à Toulouse, ni ne filme séduit et curieux une métropole américaine ou une mégapole asiatique. Debout dans un coin de rue de Montreuil, quelque part en bord de route, il dessine la ville sur un petit carnet qu’il remplit. Selon ce qu’il écrit dans « sa règle », lui en tant que personne intègre même le paysage. Littéralement. Le temps du croquis, le temps long de sa pose (une, deux, trois heures ou plus ?), il est aussi figé que du mobilier urbain : « Le corps devient présence, s’enracine, relie le spectacle de la rue à sa projection sur la feuille ». D’ailleurs il précise que son « street art est contemplatif et solitaire ». Un urban sketcher qui réfléchit à sa condition.

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La démocratie participative en une image

democratie participative

Résultat du vote sur le budget participatif de Paris publié sur Facebook par Anne Hidalgo, saisie d’écran, septembre 2014.

Les programmes d’histoire-géographie et d’éducation civique incitent à s’intéresser à la démocratie locale et à ses nouvelles formes d’expression. Les documents proposés par les manuels scolaires sont parfois peu satisfaisants. Cette image m’a intéressé car elle montre deux aspects de la démocratie participative, emboîtés : la participation directe des citoyens à la prise de décision, et la communication directe des élus par les réseaux sociaux. Lire la suite

Inside the Middle East, s’informer autrement sur le Moyen-Orient

Bonjour à tous, bonne rentrée à ceux qui reprennent, bonnes vacances à ceux qui repartent !

Un billet rapide pour évoquer ce journal en ligne réaliser par Sylvain Kahn, célèbre parmi les géographes pour animer une excellente émission sur France Culture intitulée Planète Terre. A écouter, toujours à 14h le mercredi mais désormais pour une heure entière.

Inside the Middle East ne se veut ni exhaustif, ni parfait mais cela reste intéressant pour ce que c’est : le point de vue d’un géographe sur une actualité complexe. Les nouveaux supports permettent aussi de nouvelles façon de s’informer, ce flipboard en est un exemple à mi-chemin entre le journal électronique et la revue de presse.

Accéder au journal en ligne

A l’Est, des villes américaines contrastées

Publiée à l’origine dans l’article consacré à Charlotte et au travail d’animation vidéo de Rob Carter, nous isolons ici, pour un usage libre, une version décontextualisée de la carte sur le dynamisme démographique des villes de l’Est des États-Unis. Pour rappel, nous nous étions intéressés à l’échelle des municipalités pour coller au plus près du sujet des fonctions métropolitaines traité dans le cas de Charlotte. Le périmètre de la population communale reste donc le cadre statistique utilisé ici, en y ajoutant une représentation de la population des aires métropolitaines ; façon d’appréhender rapidement le poids de la « suburbanization » dans les régions métropolitaines américaines (voir notamment Miami).

Faudrait pas froisser Charlotte

Pour ceux qui comme moi ont d’abord connu Charlotte par son équipe de basket, et feu le petit frelon bleu des Charlotte-Hornets, force est de constater qu’aujourd’hui encore ça bourdonne pas mal dans la plus grande ville de Caroline du Nord [1]: la croissance démographique y est de manière continue l’une des plus forte des États-Unis (réf. United States Census Bureau [2]) et son développement urbain semble frénétique. C’est cet aspect urbanistique que le travail d’animation-vidéo de Rob Carter traite de manière pédagogique et engagée. En permettant au spectateur de suivre en 9 minutes une histoire abrégée de la ville (à travers un processus de narration original mettant en mouvement des images aériennes de la ville), l’artiste fait revivre les strates de l’histoire urbaine de Charlotte, pour recréer le paysage de l’expansion d’une métropole américaine, jusqu’à son dénouement apocalyptique.

Lien Vidéo. Metropolis by Rob Carter – Last 3 minutes from Rob Carter on Vimeo.

L’intégralité de la vidéo est consultable sur le site internet de l’artiste.

http://www.robcarter.net/Vid_Metropolis.html

Tectonique des plaques urbaines à Charlotte

Vue dans le cadre de l’exposition « Rêves d’Icare » au centre Pompidou-Metz, qui traitait de l’influence de la vue aérienne sur la perception que les artistes ont du monde [3], l’animation de Rob Carter fait commencer l’histoire de la ville à partir des années 1750, sur un chemin forestier du territoire des indiens de Catawba [4] où l’on assiste à la construction de la première maison de colons (ce que ne renieraient pas les fans de Civilization…). De là, nous voyons la ville se développer avec dans un premier temps la prospérité de la ruée vers l’or, puis l’émergence d’une multitude d’églises (ce qui a rendu la ville célèbre), et enfin la naissance des infrastructures d’une ville moderne. Le film s’attarde alors tout particulièrement sur les effets du boom économique des 20 dernières années sur l’architecture urbaine, avant d’envisager sa chute. Lire la suite

Etats-Unis, deux cartes de l’agriculture niveau collège

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Deux cartes des fameuses « Belts » et des espaces ruraux et agricoles aux Etats-Unis. Une carte en couleurs pour vidéoprojecteur, une carte muette en noir et blanc à faire compléter par les élèves. La carte est pensée pour localiser les paysages ruraux étudiés en classe de sixième : les types d’orientation agricole sont donc simplifiés, mais même dans leur forme actuelle, ils restent trop complexes pour des 6e, à moins de nécessiter de longues explications. Les trous de la légende portent donc sur quelques mots-clés en lien avec l’étude des paysages ruraux. En revanche, cette carte peut constituer un point de départ à une étude plus approfondie en classe de Seconde. Notez que depuis le début des années 2000, la célèbre Corn Belt est devenue la Corn and Soy Belt. Cartes téléchargeables gratuitement pour usage pédagogique et non lucratif. Pour toute utilisation en ligne, merci de citer vos sources…

Qu’est-ce qu’un milieu ?

Un milieu est un espace caractérisé par des données naturelles et aménagé par les Hommes.

Un milieu est un espace caractérisé par des données naturelles et aménagé par les Hommes.La notion de milieu ou milieu « naturel » est difficile à appréhender. En France métropolitaine, il n’existe aucun espace entièrement naturel. Certains travaux montrent que même la forêt amazonienne a été aménagée depuis des siècles par ses habitants qui, en sélectionnant et en favorisant certaines espèces, ont modifié la composition de la couverture végétale.

La notion de milieu associe donc étroitement l’homme et la nature. On parle de données naturelles, mais elles ne sont pas nécessairement antérieures à l’action humaine. En effet, par son action sur le milieu, l’homme modifie la nature et peut aussi contribuer à favoriser la biodiversité. Par exemple, le bocage traditionnel offre une plus grande diversité d’habitats pour les espèces animales que la forêt qui le remplacerait s’il disparaissait.

Les actions de l’homme visent à exploiter les ressources du milieu. Ce faisant, il peut le menacer : c’est-à-dire déséquilibrer son fonctionnement. Les actions de protection doivent alors être mises en place, de préférence avant la dégradation. L’abandon d’un milieu qui cesse d’être exploité peut aussi le menacer. Ainsi, les paysages des montagnes sèches méditerranéennes sont d’origine anthropique (humaine) : elles sont le résultat de siècles de pâturage. Le recul de l’élevage peut conduire à un enfrichement des pentes et accroître le risque d’incendie.

Aux origines de la huerta valencienne : organigramme

organigramme-huerta-valencienne-facteursLa huerta de la région de Valencia en Espagne est un modèle de système agraire, dont on retrouve des avatars dans d’autres espaces comme le Midi français, dans le Comtat Venaissin par exemple. Il s’agit d’un espace de colutra promiscua associant des cultures fragiles et rentables comme les agrumes avec la trilogie méditerranéenne. Elle puise dans les héritages historiques de la région, notamment la culture arabo-musulmane qui a permis l’introduction de plantes nouvelles et la maîtrise de l’irrigation par gravité. On peut également la considérer comme un géosystème, en ce qu’elle est le produit de l’adaptation des sociétés humaines au milieu méditerranéen.

L’étagement des cultures dans le Haut-Atlas marocain

étagement des cultures, Haut-Atlas, Maroc, en couleursTexte, projet pédagogique et photographies : Stéphane Bouron, instituteur au Maroc
Blocs-diagrammes : Jean-Benoît Bouron

Présentation
À proximité du village d’Oukaïmeden, sur le versant ouest du Tarigt, plusieurs villages sont érigés dans la vallée du N’ougadir. Après l’abandon de l’extraction de barytine dans une mine située sur un versant au sud du village de Gliz, l’essentiel de l’économie est désormais agricole.
On distingue les cultures vivrières (pommes de terre, oignons et orge) des cultures de rente (pommes, noix et bulbes d’iris) sur les versants exploités tandis que les parties amonts colonisées par des genévriers servent de pâturages pour les caprins.
– Expliquer et comprendre un paysage
– Réaliser un croquis de paysage avec sa légende
– Connaître l’organisation d’une exploitation agricole Lire la suite