Mondes arctiques, fond de carte muet en projection polaire

Les mondes arctiques sont au centre de plusieurs enjeux. Cette notion d’enjeu est difficile à comprendre pour les élèves, alors qu’elle est mobilisée de façon permanente par les discours scientifiques, dans les manuels, et les documents. Il s’agit tout simplement d’analyser ce qui est « en jeu » : ce qu’il y a à gagner et ce qu’il y a à perdre. Analyser les enjeux c’est analyser les perdants et les gagnants (les peuples premiers ? Les entreprises pétrolières et de transport ?) et ce qu’il y a à gagner ou à perdre collectivement pour l’humanité, c’est-à-dire les défis à relever, économiques, sociaux, et environnementaux. L’Arctique est une bonne clé pour comprendre le principe du développement durable (penser global, agir local) et pour montrer que les impacts du réchauffement climatique ne sont pas négatifs pour tout le monde. Ce chapitre offre un bon entraînement au croquis de synthèse du baccalauréat parce qu’il est le seul du programme à ne pas porter sur l’échelle mondiale, difficile à mettre en cartes. Avec l’Arctique au contraire, la relative unité de lieu facilite les typologies, et cela permet également de se familiariser avec une projection polaire. Pour croquis de synthèse classe de 2nde

Document libre de droit pour tout usage pédagogique non commercial. Toute reproduction sur internet doit s’accompagner d’une citation de la source avec lien vers la Géothèque.

Carte : la France à grande vitesse

Depuis la première version de cette carte en 2008, la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Dijon-Mulhouse a été achevée sur une grande partie de son tracé. La France des LGV est une France est inégalités et de l’effet-tunnel. Rares sont les métropoles dotées de la LGV, et l’axe central Nord-Sud relie les quatre premières unités urbaines du pays : Lille, Paris, Lyon et Marseille. Si des villes moyennes comme Le Mans, Reims, Tours ou Valence ont profité d’un relatif »effet TGV » et des fameux navetteurs qui s’installent dans ces villes pour travailler dans des métropoles lointaines, d’autres grandes villes comme Bordeaux, Toulouse et Nice sont encore à l’écart de la France à grande vitesse. Dans ces trois villes, c’est l’aéroport qui assure une liaison rapide avec la capitale. La ligne Tours-Bordeaux est prévue pour 2017. Ailleurs, c’est l’effet tunnel qui domine : la ligne TGV crée une coupure dans les territoires locaux sans participer à leur dynamisme, en particulier dans le cas de gares construites en rase campagne comme la « gare des betteraves » en Picardie.

Lire la suite

Etonnantes superficies

Il est difficile de trouver un titre accrocheur pour une image portant sur la superficie de quelques circonscriptions administratives. Et pourtant, ces faits peuvent surprendre. On sait souvent qu’Arles est la plus grande commune de France métropolitaine, parce qu’elle comprend une grande partie de la Camargue, mais on oublie parfois que c’est Maripasoula qui détient le record absolu du territoire français. Cette commune de Guyane comprend une grande partie du principal massif forestier français : la Forêt amazonienne. Ses 7500 habitants lui donnent une densité exceptionnellement faible de 0,41 habitants par kilomètre carré. Si Arles est plus grand qu’un petit département comme le Territoire de Belfort, Maripasoula est plus grande qu’une région française comme la Corse ou le Limousin. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles cette dernière est vouée à la disparition, ou plutôt à la fusion, dans le courant de l’année 2015. Cette comparaison a aussi une vocation pédagogique : elle permet de se représenter plus facilement les superficies. On sait que les héros des romans de Zola ou Maupassant traversent Paris à pied ; les touristes d’aujourd’hui savent qu’il faut de bonnes chaussures : 10 kilomètres séparent la Porte Maillot et la Porte de Vincennes. Pour sillonner Arles, il est préférable de chevaucher l’un de ces chevaux blancs qui font la renommée du pays. C’est d’ailleurs le cheval qui a servi d’étalon (pardon) pour déterminer la taille des départements français. Ils ont été pensés, selon la vulgate, pour permettre aux citoyens d’accéder au chef-lieu depuis n’importe quelle localité en une journée de cheval. Cette règle a été peu ou prou respectée malgré quelques exceptions, et cela place aujourd’hui la préfecture à un peu plus d’une heure d’automobile des points les plus éloignés du département. Pour circuler à Maripasoula en revanche, la voiture ne sera que peu d’utilité puisqu’il n’y a pas d’autre voie terrestre pour s’y rendre que la piste qui la relie à sa voisine. La pirogue en revanche peut s’avérer utile pour circuler sur la Lawa, un affluent du Maroni, et même se rendre sur l’autre rive, au Surinam. Finalement, on peut rêver d’aventures, de frontières lointaines et de forêts luxuriantes, à partir d’une comparaison des superficies de quelques circonscriptions administratives.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l'Aube, Arles et Paris.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l’Aube, Arles et Paris.

Ville et développement durable à Nairobi

Le Parc National de Nairobi. A l'arrière, la skyline du CBD. Photographie Le Monde / Phil Moore

Le Parc National de Nairobi. A l’arrière, la skyline du CBD. Photographie Phil Moore / Le Monde

Un récent article d’Audrey Garric, paru dans Le Monde, offre un bon exemple de conflit d’usage pour un espace protégé. Il s’inscrit au cœur des thématiques étudiées en histoire-géographie en classe de 2nde. Un conflit d’usage est, en géographie, une tension entre plusieurs acteurs spatiaux qui cherchent à utiliser la même ressource ou le même espace, ces utilisations étant contradictoires. Ici, l’existence d’un Parc National protégé aux portes d’une ville, est fragilisée à la fois par les pollutions d’origine urbaine et par la pression urbaine. L’habitat informel, l’autre nom des bidonvilles (slums en anglais), autoconstruit et par définition illégal, tend à se développer dans les interstices et les marges urbaines. La progression de l’habitat informel ne touche pas le parc, mais réduit l’espace disponible autour de la ville : la zone protégée est de plus en plus considérée comme une réserve foncière. Les autorités kényanes ont déjà autorisé la construction d’infrastructures routières et ferroviaires à l’intérieur des limites du parc.

L’article d’Audrey Garric illustre les enjeux du développement durable dans les villes du Sud. La rapidité de l’urbanisation (Nairobi, 3 millions d’habitants en 2009, a été fondée en 1899) entraîne une forte artificialisation des surfaces agricoles (ici plutôt pastorales) et naturelles. Il s’agit aussi d’une urbanisation de très faible densité à l’exception du CBD (dont la disposition conforme ici au modèle théorique de la ville africaine tel qu’on l’enseignait il y a dix ans, ci-dessous). Lire la suite

Les territoires ultra-marins français : ressources pour la classe

Mise à jour des planisphères de l’Outre-Mer français.

planisphère des territoires ultra-marins français

planisphère des territoires ultra-marins français (outre-mer) noir et blanc

planisphère des territoires ultra-marins français (outre-mer) muet

Après la fin des DOM TOM, des statuts juridiques variés et complexes.

D’un point de vue européen, ces territoires sont des RUP (Régions Ultra-Périphériques) ou des PTOM (Pays et Territoires d’Outre Mer). Mais la République Française, après des siècles de colonialisme et de centralisme, a tardivement cédé à ses territoires ultramarins l’autonomie relative qu’ils ont aujourd’hui. Le demi-siècle de décolonisation qui vient de s’achever a maintenu sous souveraineté française de nombreux territoires caractérisés par une très grande variétés de situation et de rapport à la métropole, et donc une variété de statuts juridiques. Trois voies se distinguent : certains territoires obtiennent plus d’intégration au sein de la République, tout en bénéficiant de la décentralisation des compétences de L’État vers les Collectivités : ce sont les DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer). Mayotte en est un exemple puisque après avoir refusé de suivre les Comores vers l’indépendance, elle a obtenu la départementalisation. D’autres collectivités ont obtenu une large autonomie, et sans être souveraines, elles peuvent appliquer la coutume locale dans certains domaine au lieu du droit français. Il s’agit des COM (Collectivités d’Outre-Mer) par exemple de la Polynésie Française. Enfin, la troisième voie, qui est celle de l’hésitation entre l’autonomie et l’indépendance, est incarnée par la Nouvelle Calédonie. Le processus d’indépendance, en cours, est entre les mains de sa population.

Voir aussi notre carte de l’Europe et ses RUP

Cartes du site de la Confluence à Lyon

ConfluenceConfluence en 1914Ces deux cartes, réalisées à la demande d’un professeur de collège, pourront par exemple dépanner des enseignants souhaitant travailler avec leurs élèves sur le site de la Confluence à Lyon.

La juxtaposition avec la carte de 1914 montre bien le basculement qui s’est opéré en un siècle (un pas de temps un peu long pour l’analyse des faits urbains mais j’ai été un peu contraint par la documentation). La Confluence de 1914 est l’espace de la relégation urbaine, on peut parler d’exurbanisation pour ce phénomène consistant à reléguer sur les marges urbaines les structures consommatrices d’espaces (gare, arsenal) ou productrices de nuisances (prison, usine à gaz), et souvent les deux. C’est aussi bien sûr l’espace de la relégation sociale (prolétaires, détenus), et pour beaucoup le quartier de Perrache évoque encore aujourd’hui une prostitution mal cachée. En 2014 à l’inverse la dynamique est celle de la création d’une nouvelle centralité et ce terme revient souvent dans les documents produits par les acteurs publics et privés. La séparation nette des usages a fait son temps et l’enjeu n’est plus de produire de l’urbain mais de créer de la ville, c’est à dire un espace de mixité et de densité. Le vert étant à l’ordre du jour, cela ne va pas sans la création de nombreux parcs urbains. On voit en effet que la confluence n’est plus une marge urbaine, le bâti a gagné du terrain partout autour. Enfin, le siècle écoulé a été celui d’une transition économique entre une France vouée à l’industrie, et aujourd’hui le rôle prépondérant accordé aux fonctions commerciales, culturelles et de loisirs.

Le développement durable, en tant qu’objectif, est également présent sur la carte de 2014, avec ses trois piliers (social, environnemental et économique), mais également dans une dimension plus actuelle intégrant un quatrième pilier culturel.

Voici les versions Noir et Blanc pour photocopies :

Confluence1914-NBConfluence-NB

Coupe du monde 2014 : la carte des stades

Carte des stades du Brésil - coupe du monde 2014La coupe du monde de 2014 se déroulera cet été au Brésil, au cas où l’information vous aurait échappé. C’est la deuxième fois que le pays reçoit la rencontre, la première avait eu lieu en 1950. La répartition des stades correspond à celle du peuplement et des grandes agglomérations, classique dans les pays issus de la colonisation : la densité est importante près du littoral et faible dans l’hinterland. Les Portugais se sont d’abord installés sur le littoral du Nordeste, où on retrouve les stades de Fortaleza, Natal, Recife, et enfin Salvador où la France affrontera la Suisse le 20 juin prochain. Le centre de gravité démographique du pays s’est ensuite déplacé vers le Sud, notamment avec l’exploitation des ressources minières du Minas Gerais et les débuts d’industrialisation du pays au début du XXe siècle. Les plus grandes métropoles sont ici, et elles sont représentées par l’Arena de São Paulo et le mythique stade de Maracana à Rio de Janeiro. Deux autres stades sont situés dans le Sud. D’une part, celui de Curitiba, ville couramment citée comme modèle de développement durable à l’échelle d’une agglomération, et d’autre part celui de Porto Alegre, cette ville célèbre pour son rôle dans la contestation de la domination économique des pays du Nord, puisque la première édition du Forum Social Mondial s’y est déroulée en 2001. C’est à Porto Alegre que la France sera opposée au Honduras le 15 juin prochain. Avec la construction ex-nihilo d’une nouvelle capitale en 1960, Brasília, et la mise en place d’un front pionnier en Amazonie, la centre de gravité du pays s’est à nouveau déplacé, cette fois vers l’Ouest. L’avenir du Brésil réside dans ces vastes espaces qui font figure de réserve de terres agricoles, mais qui sont aussi l’enjeu d’une double prise de conscience, celle du rôle politique à accorder aux premiers habitants du pays, les Amérindiens, et celle des menaces pesant sur les milieux naturels de la plus vaste forêt équatoriale du monde. Les stades de Brasilia et de Cuiabá sont représentatifs de cette conquête de l’Ouest, ainsi que celui de la grande métropole amazonienne, Manaus. Lire la suite

Une carte de la Tasmanie

tasmanie carteLa carte générale de la Tasmanie, qui a servi de support à la première géodevinette de La Géothèque sur les réseaux sociaux, est une entreprise artistique. Évidemment, le mot est très prétentieux, dans la mesure où prétendre faire de l’art équivaut à revendiquer le statut d’artiste. Je n’en suis pas là du tout. Mais il s’agirait d’art dans la mesure où cette carte est inutile, et ne sert qu’à procurer du plaisir à son auteur et à ses lecteurs ou spectateurs (une carte se lit-elle avant tout, ou se regarde-t-elle plutôt, d’ailleurs ?). Elle est inutile, parce que personne n’a besoin de moi pour se procurer une carte de la Tasmanie, à l’heure de Google Maps. Toutefois, elle met en lumière ce territoire : ce n’est pas parce qu’on peut obtenir la carte de la Tasmanie à tout moment qu’on le fait. J’ai donc voulu forcer à regarder cette carte, à regarder cette Tasmanie. L’idée vient d’un article du Monde qui m’a forcé à jeter un œil sur cette terre méconnue1Je ne retrouve plus le lien.. Tout est fait pour attirer le regard, à commencer par la taille des caractères. Ça a quelque chose de la carte murale, faite pour pénétrer les têtes des enfants de toponymes qu’ils ne devront plus oublier. (Paris, Lille, Haute-Volta, Tananarive). À l’échelle de la Tasmanie, une ville aussi insignifiante que Launceston peut étaler fièrement ses dix lettres. L’autre méthode, un peu violente, pour accrocher le regard, est l’inversion des couleurs. Comme le logo de la Géothèque, le rouge proclame une géographie différente, une géographie qui n’est pas bleue et verte. Le but est aussi de questionner un code bien ancré de la cartographie : les terres sont vertes ou brunes comme la terre ou la végétation qui la recouvre, et les mers en bleu (cyan 15 % en CMJN, pour la plupart de mes cartes). Mais la terre n’est pas que verte, brune et bleue, pas plus que les rivières de la réalité ne sont cyan. Puisque le choix des couleurs est un parti pris, pourquoi ne pas pousser jusqu’au bout en choisissant une autre gamme chromatique ? La Tasmanie, avec sa forme de toison pubienne, comme manifeste d’une géographie charnelle, une géographie « près du corps » ?

La carte ne dit rien d’autre. Elle n’apprend rien sur la Tasmanie, sauf la localisation de quelques lieux habités, des routes et des lacs. Le cartouche permet aussi de la situer par rapport au mainland australien et au port de Melbourne. Comme Rostand le fait dire à Cyrano : « C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. »

Notes   [ + ]

1. Je ne retrouve plus le lien.

Etats-Unis, deux cartes de l’agriculture niveau collège

USA-agriculture-carte-beltsUSA-agriculture-carte-belts-muette

Deux cartes des fameuses « Belts » et des espaces ruraux et agricoles aux Etats-Unis. Une carte en couleurs pour vidéoprojecteur, une carte muette en noir et blanc à faire compléter par les élèves. La carte est pensée pour localiser les paysages ruraux étudiés en classe de sixième : les types d’orientation agricole sont donc simplifiés, mais même dans leur forme actuelle, ils restent trop complexes pour des 6e, à moins de nécessiter de longues explications. Les trous de la légende portent donc sur quelques mots-clés en lien avec l’étude des paysages ruraux. En revanche, cette carte peut constituer un point de départ à une étude plus approfondie en classe de Seconde. Notez que depuis le début des années 2000, la célèbre Corn Belt est devenue la Corn and Soy Belt. Cartes téléchargeables gratuitement pour usage pédagogique et non lucratif. Pour toute utilisation en ligne, merci de citer vos sources…

Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.

Italie carte qualité de vieItalie carte ensoleillementOn associe, souvent de manière systématique, l’ensoleillement à la qualité de vie. La notion de sun belt, à ce titre, est l’un des concepts les plus durablement ancrés dans la géographie scolaire des États-Unis. La sun belt est inventé par le journaliste K. P. Phillips en 1969 pour expliquer… le vote républicain !1Pour le journaliste, la croissance des espaces périphériques ensoleillés explique en partie la victoire de Nixon. Lire à ce sujet cet excellent article : Marielle Wastable, « La notion de belt dans la géographie scolaire française des Etats-Unis », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Epistémologie, Histoire de la Géographie, Didactique, document 495, mis en ligne le 14 avril 2010, consulté le 27 juin 2013. URL : http://cybergeo.revues.org/23009 Aujourd’hui, elle désigne des espaces du sud et de l’ouest des États-Unis ayant une forte attractivité. Elle est liée tout naturellement à la notion d’héliotropisme, l’attractivité pour les espaces ensoleillés. La notion est cependant nuancée : Seattle est placé dans cette ceinture ensoleillée, alors que le climat y est notoirement brumeux et pluvieux. Cette sun belt finit même par être appliquée à la France : les régions de la façade atlantique jusqu’au midi méditerranéen sont plus attractives pour les activités et la population que les anciens espaces industriels et les espaces ruraux sur l’intérieur. L’héliotropisme est, là encore, présenté comme une composante de cette attractivité, et tant pis pour le crachin breton. Lire la suite

Notes   [ + ]

1. Pour le journaliste, la croissance des espaces périphériques ensoleillés explique en partie la victoire de Nixon. Lire à ce sujet cet excellent article : Marielle Wastable, « La notion de belt dans la géographie scolaire française des Etats-Unis », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Epistémologie, Histoire de la Géographie, Didactique, document 495, mis en ligne le 14 avril 2010, consulté le 27 juin 2013. URL : http://cybergeo.revues.org/23009

Aux origines de la huerta valencienne : organigramme

organigramme-huerta-valencienne-facteursLa huerta de la région de Valencia en Espagne est un modèle de système agraire, dont on retrouve des avatars dans d’autres espaces comme le Midi français, dans le Comtat Venaissin par exemple. Il s’agit d’un espace de colutra promiscua associant des cultures fragiles et rentables comme les agrumes avec la trilogie méditerranéenne. Elle puise dans les héritages historiques de la région, notamment la culture arabo-musulmane qui a permis l’introduction de plantes nouvelles et la maîtrise de l’irrigation par gravité. On peut également la considérer comme un géosystème, en ce qu’elle est le produit de l’adaptation des sociétés humaines au milieu méditerranéen.

L’étagement des cultures dans le Haut-Atlas marocain

étagement des cultures, Haut-Atlas, Maroc, en couleursTexte, projet pédagogique et photographies : Stéphane Bouron, instituteur au Maroc
Blocs-diagrammes : Jean-Benoît Bouron

Présentation
À proximité du village d’Oukaïmeden, sur le versant ouest du Tarigt, plusieurs villages sont érigés dans la vallée du N’ougadir. Après l’abandon de l’extraction de barytine dans une mine située sur un versant au sud du village de Gliz, l’essentiel de l’économie est désormais agricole.
On distingue les cultures vivrières (pommes de terre, oignons et orge) des cultures de rente (pommes, noix et bulbes d’iris) sur les versants exploités tandis que les parties amonts colonisées par des genévriers servent de pâturages pour les caprins.
– Expliquer et comprendre un paysage
– Réaliser un croquis de paysage avec sa légende
– Connaître l’organisation d’une exploitation agricole Lire la suite

Géofiche : L’Union Européenne de l’Arctique à l’Océan Indien

Cet article a fait l’objet de plusieurs remarques de lecteurs attentifs, ce qui montre la complexité du sujet. Nous reproduisons ici celles de M. Philippe Le Gal, et nous en profitons pour le remercier. Mise à jour : avril 2016

Guadeloupe : « Lors du référendum qui s’est tenu sur tout le territoire du DOM que formait alors la Guadeloupe, soit l’archipel guadeloupéen et les îles dites alors du Nord (St-Martin partie française et St-Barthélémy), les habitants de ces deux îles ont répondu majoritairement non à la question qui leur était posée quant à leur maintien au sein du Département et de la Région Guadeloupe, quelque soit l’évolution institutionnelle qui était proposée à cette dernière, soit la fusion des collectivités départementale et régionale en une collectivité unique : les Guadeloupéens refuseront cette option au contraire des Martiniquais et Guyanais. Depuis lors, St-Martin mais aussi St-Barthélémy sont chacune organisée en une collectivité territoriale d’outre-mer, tandis que la Guadeloupe reste un(e) DROM. »

Mayotte« Il est faux de dire que Mayotte est un DROM, car en accédant en 2011 au statut de DOM, Mayotte n’est pas devenue une région. L’île est donc gérée par une seule assemblée élue : son Conseil Départemental, alors que dans cette même région indiaocéanique, La Réunion est un DROM qui, à l’instar de la Guadeloupe, reste gérée par deux assemblées élues : le Conseil Départemental et le Conseil Régional. »

Régions Ultrapériphériques de l'Union Européenne : carte Les régions ultrapériphériques

L’Union Européenne compte 8 régions ultrapériphériques depuis la départementalisation de Mayotte, effective depuis 2011. Ces régions appartiennent à trois pays : la France, le Portugal et l’Espagne. Ces derniers ont été les plus précoces dans l’exploration du continent américain. Sur leur passage, ils ont installé des colons sur les îles volcaniques de l’Atlantique leur permettant de « faire de l’eau » sur la route des Indes. Les Canaries, au large du Maroc, sont une communauté autonome de l’Espagne ayant deux capitales : Santa Cruz de Tenerife et Las Palmas de Gran Canaria. Madère et les Açores sont deux régions autonomes du Portugal, elles ont plus d’autonomie que les districts situés sur la péninsule ibérique. Les cinq autres régions ultrapériphériques sont les 5 DROM français (Départements et Régions d’Outre-Mer). Un archipel et une île des Antilles, la Guadeloupe et la Martinique. La Guyane est un vaste territoire situé sur le continent latino-américain, et ayant une frontière commune avec le Brésil ou le Suriname (ou Surinam). La Réunion appartient à l’archipel des Mascareignes, au large de Madagascar dans l’Océan Indien. Mayotte est une île n’ayant pas suivi le reste de l’archipel auquel elle appartenait, les Comores, dans le processus d’indépendance, et elle a définitivement obtenu le statut de département français d’outre-mer en 2011. Elle est située entre Madagascar et le continent africain, dans le Canal du Mozambique.

Les RUP font partie du territoire de l’UE. Les lois des Etats et les directives européennes s’y appliquent : elles appartiennent à l’espace Schengen et utilisent l’Euro. Elles bénéficient des fonds structurels européens. Les RUP, en effet, ont souvent des difficultés socio-économiques et sont en retard de développement, notamment les RUP françaises (les DROM). Lorsqu’elles sont entourées par des pays très pauvres, les écarts de richesses peuvent attirer les migrants comme en Guyane. Le PIB par habitant de la Guyane française est 5 fois plus élevé que celui du Suriname. La Guyane est beaucoup  plus riche que ses voisins grâce aux emplois créés par la métropole, dans la fonction publique et grâce au centre spatial européen installé à Kourou. On retrouve une situation comparable aux Canaries, avec des flux de migrants d’origine subsaharienne ayant transité par le Maroc.

Les PTOM

Il s’agit de tous les autres territoires dépendant de l’Union Européenne : les territoires de l’outre-mer français, ceux placés sous domination britannique ou néerlandaise, et le Groenland. Les PTOM ont un degré d’autonomie plus ou moins grand. Ils prennent les décisions qui les concernent à l’échelle locale et bénéficient de dérogations dans l’application des directives européennes, par exemple dans la gestion des ressources halieutiques (quotas de pêche). Ils ont une grande importance pour les pays de l’UE en raison de leurs ressources et de l’immense Zone Economique Exclusive (ZEE) qu’ils permettent de contrôler.

L’exemple du Groenland

Groenland carte de synthèse

2e plus grande île du monde après l’Australie, territoire autonome de 60 000 habitants, dépendant du Royaume du Danemark, le Groenland a voté pour une large autonomie en 2008, loi entrée en vigueur en 2009. Il est donc très autonome par rapport à l’UE même s’il a des liens étroits avec elle (il applique les accords de Schengen). Il est autonome par exemple sur le plan des ressources ou de la pêche, mais dépend du Danemark pour les affaires étrangères et la défense. Le Groenland pourrait opter pour l’autodétermination d’ici une décennie. Pourtant, les transferts financiers danois de tous ordres représentent 40 % du PIB, c’est donc la première source de revenus du pays devant la pêche qui représente 25% du PIB et 95% des exportations. Le reste de l’économie est fortement tertiarisé si l’on excepte un maigre secteur agricole (70 fermes consacrées à l’élevage ovin).

Sources :

[Cette partie de l’article a été partiellement vandalisée par des robots pirates]

Matthieu Chillaud, « Le Groenland : entre contrainte géographique et vertus stratégiques » (PDF)

Les Régions Ultrapériphériques de l’Union Européenne, fonds de carte :

Fonds de carte de l’Union Européenne, cliquez ici.

Diaporama du Dessous des Cartes, un peu daté mais intéressant.

Géofiche : La France, 65 millions d’habitants

65,5 millions d'habitants soit 97 habitants par km²Population totale

La France compte environ 65,5 millions d’habitants en 2013. Il s’agit d’une estimation prévisionnelle. Avec une superficie de 675 417 km², le pays a donc une densité de 97 habitants par km². Si on retranche les DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer), ce chiffre s’élève à 115 km². C’est peu par rapport à ses voisins européens, surtout du Nord, plus densément peuplés.

Le recensement

En France, le recensement de la population est accompli par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE). Depuis 1999 l’INSEE a cessé les recensements décennaux pour sonder une portion de la population française chaque année, mais la totalité des chiffres ne sont exploitables que tous les dix ans. Ainsi, le dernier recensement disponible est celui de 2009. Tous les chiffres donnés ci-après sont ceux de 2009. La France comptait alors 64,3 millions d’habitants dont 62,4 millions en France métropolitaine. Les femmes sont plus nombreuses (32 millions contre 30 millions d’hommes) car si à la naissance le nombre de garçons est supérieur, elles vivent plus longtemps.

6% d'étrangers en France

L’augmentation de la population française

La France a un solde naturel positif (+0,4 %) et un solde migratoire positif (+0,2 %) : son solde démographique est donc positif : la population augmente de 0,7 % chaque année. Les étrangers sont 3,8 millions. Le pays a gagné 4 millions d’habitants en 10 ans. La population française, cependant, vieillit. La part des moins de 45 ans a diminué, et celle des plus de 45 ans a augmenté.

La population active

La population active représente 30 millions de personnes en 2009. Il s’agit de toutes les personnes en âge de travailler ayant un travail ou en recherche d’emploi. Cela exclut les moins de 16 ans, les élèves, les étudiants, les retraités, et les personnes invalides.

La part des agriculteurs continue de diminuer, ils sont aujourd’hui moins de 500 000. Dans la population active ayant un emploi, les employés sont 7,5 millions, les professions intermédiaires 6,6 millions, les ouvriers 5,9 millions, les cadres 4,3 millions, et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont 1,6 millions.

Source : INSEE 2013, INSEE 2009

Cartes : l’Union Européenne à 28 membres

La Croatie est entrée dans l’Union Européenne le 1er juillet 2013. L’Union compte depuis lors 28 membres. L’occasion de mettre à jour les fonds de cartes ! Voici deux fonds de carte en couleur et en noir et blanc, représentant les 28 pays de l’Union Européenne, les 8 régions ultrapériphériques (RUP) (dans l’ordre : Canaries, Açores, Madère, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, et Guyane sur le côté).

L'Union Européenne à 28 membres en 2013L'Union Européenne à 28 fond de carte en noir et blanc

À la demande d’un utilisateur, voici les cartes complètes avec noms des états et capitales. (Version UE seule et version continentale)

Carte parlante union européenne pays capitale 28 membres

Géofiche : 7 milliards d’humains sur la Terre

La population mondiale a dépassé les 7 milliards en 2011Population mondiale totale :

7,095 milliards d’individus en 2013. Les sept milliards ont été atteints en 2011. La population mondiale augmente chaque année de 77 millions de personnes. Le pays le plus peuplé du monde en 2013 est la Chine avec 1,349 milliard d’habitants, suivi par l’Inde (1,220 milliard), mais cette dernière pourrait doubler la Chine avant 2025. Presque un humain sur trois est soit chinois, soit indien.

 En troisième position, les États-Unis comptent 316 millions d’habitants. L’Union Européenne, considérée comme un ensemble, prendrait cette troisième place avec ses 505 millions d’habitants.

Source : estimations United States Census Bureau, 2013. Pour certains pays, les recensements datent de 2011 ou 2012.

193 Etats membres de l'ONUNombre de pays dans le monde :

Il est difficile de compter les pays car de nombreux territoires n’ont pas une pleine souveraineté (par exemple, le Groenland, les territoires palestiniens, Andorre). L’Organisation des Nations Unies (ONU) compte 193 Etats membres. Ce nombre a fortement augmenté lors de la décolonisation : le monde comptait 72 pays en 1945, 156 en 1975. Le dernier Etat a avoir adhéré à l’ONU est le Soudan du Sud, en 2011, après son indépendance du Soudan le 9 juillet 2011. Monaco, Andorre, Singapour, sont membres de l’ONU. On atteint le total de 195 pays dans le monde en ajoutant les deux Etats non membres de l’ONU mais ayant le statut d’Etat observateur : le Saint-Siège (Vatican) qui n’a jamais souhaité adhérer, et l’Etat de Palestine depuis le 9 novembre 2012.

Source : Nations Unies, 2013.

Géofiche : L’Asie domine le commerce maritime mondial

La capacité de la flotte de conteneurs dépasse les 500 millions d'EVPLe commerce maritime mondial :

« En janvier 2011, la flotte marchande mondiale avait presque atteint 1,4 milliard de tonnes de port en lourd (tpl), ce qui représente une augmentation de 120 millions de tpl par rapport à 2010. »

En 2010, la capacité des ports mondiaux atteint 530 millions d’équivalents 20 pieds (EVP). La Chine continentale atteint 24 % de la part du trafic des ports à conteneurs. La conteneurisation du transport maritime, commencée dans les années 1970, se poursuit : « la part de la flotte des porte-conteneurs dans la flotte mondiale est passée de 1,6 % en 1980 à plus de 13 % en 2011. » Mais les vraquiers et les pétroliers restent les navires les plus répandus, représentant respectivement 38 % et 43 % de la flotte mondiale.

Source : CNUCED, Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, Etude sur les transports maritimes, 2011.

Commerce maritime mondial par type de transport : vrac, pétrole, conteneurs

Le conteneur, symbole de la mondialisation :

Inventé en 1956 par Malcom MacLean, un transporteur routier américain, le conteneur est une simple caisse de forme parallélépipédique en métal. Ce mode de conditionnement simplifie les ruptures de charge (le passage d’un mode de transport à un autre, par exemple du bateau au camion), permet de standardiser le transport et surtout facilite le stockage par empilement. Une seule firme chinoise (CIMC) contrôle la moitié de la production mondiale de conteneurs. La Chine produit les deux tiers des conteneurs du monde. Un conteneur coûte environ 1500 € et a une durée de vie de 15 ans.

Il existe trois longueurs différentes : 20, 30, 40 pieds (6, 9 et 12 mètres) pour 8 pieds de largeur (2,5 m). L’unité de mesure du trafic de conteneurs est l’EVP (équivalent 20 pieds). On estime qu’environ 12 millions d’EVP circulent en ce moment dans le monde.

Le leader mondial du transport de conteneurs est l’entreprise danoise Maerks.

Sources : Wikipédia, « conteneur », consulté en avril 2013
Conteneurinfo, consulté en avril 2013

La Chine, un quart du trafic de conteneurs

Classement des ports mondiaux :

Pour le trafic de cargos comme celui de conteneurs, les trois premières places sont occupées en 2011 par des ports asiatiques. Shanghai (Chine) arrive en tête avec 590 millions de tonnes et 32 millions d’EVP, suivi par Singapour : 531 millions de tonnes et 30 millions d’EVP. Pour le transport par cargo, le seul port non-asiatique est Rotterdam (Pays-Bas), en 4e position, avec 435 millions de tonnes, et 7 des 10 premiers ports sont chinois. Pour le transport par conteneurs, Rotterdam arrive en 10e position (12 millions d’EVP). 6 des 10 premiers ports mondiaux sont chinois pour le transport par conteneurs.

Source : American Association of Port Authorities (PDF), 2013

Fonds de carte : Northern Range et Europe du Nord

Northern Range : carte parlanteNorthern Range carte muette

Deux fonds de carte pour traiter les espaces portuaires et maritimes de l’Europe du Nord. Permet de faire apparaître la Northern Range et son extension jusqu’aux portes de la Baltique via le Skagerrak, le Kattegat et le Sund. Frontières des pays bordant ces mers : Royaume-Uni, France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Suède notamment.

Cette carte est libre de droit pour tout usage non-lucratif, sous réserve d’indiquer lisiblement la source, si possible avec un lien hypertexte.

Les Parcs Naturels de France

carte parcs naturels france

Mise à jour de la carte des Parcs Nationaux de France. De nombreux Parcs ont été créés depuis la première version de cette carte en 2007. La politique des parcs nationaux en France commence en 1963 avec la Vanoise. Puis suivent : Port-Cros, les Écrins, les Pyrénées, les Cévennes, le Mercantour. Le premier parc en outre-mer est créé en Guadeloupe en 1988, suivi par la Guyane en 2007. Les parcs récents sont surtout marins : Iroise, Mayotte, Golfe du Lion, Calanques (avec une partie terrestre), estuaires picards, Glorieuses et enfin Bassin d’Arcachon en 2012.

Leur but est la protection de milieux relativement « sauvages » et d’espèces animales au végétal. Ainsi le parc du Mercantour a joué un rôle dans la réintroduction du loup dans les Alpes à partir de meutes italiennes. Les Parcs Nationaux comportent deux zones distinctes. Le « cœur de parc » ou « zone centrale » fait l’objet des mesures de protection les plus strictes. Cet espace ne comporte théoriquement pas d’habitat humain permanent, à l’exception de 80 habitants dans les Cévennes. La « zone d’adhésion » ou périphérique, comporte des espaces adhérents du Parc mais où les activités humaines sont davantage prises en compte dans la protection de l’environnement.

Les mesures de protection sont différentielles, elles peuvent ne pas s’appliquer à tous les espaces du parc. Elles sont nombreuses, citons à titres d’exemple : l’interdiction du bivouac, de faire du feu, du VTT, des sports aériens, des prélèvements, de la chasse, des animaux domestiques… Comme toujours dans la préservation des espaces naturels en France, ces interdictions sont associées à des mesures de sensibilisation. A ce titre, les « maisons du parc » informent les visiteurs sur les milieux naturels.