Un an de plus en Syrie… 5 années de guerre civile, 5 millions de réfugiés.

Carte des réfugiés syriens 2016-01

Voici une nouvelle version mise à jour de la carte des réfugiés syriens, qui se passe malheureusement de commentaires. On renverra le lecteur aux sources mobilisées, déjà explicitées et commentées dans nos articles précédents, notamment la version 2015. Par ailleurs, l’article initial sur le camp de Zaatari permet de comprendre notre démarche.

L’épineux Sahara Occidental et les tiretés de la colère

Dans un article récent, la petite carte de localisation de la vallée d’Oukaïmeden dans le Haut-atlas marocain a fait l’objet d’une véritable autocensure de la part de la Géothèque. La frontière en tiretés qui séparait le Maroc du Sahara Occidental, par lui occupé, a été tout simplement effacée pendant le week-end. C’est l’auteur de ces lignes qui en est le responsable.

Maroc-sahara-occidentalLors de la fabrication de la carte, le tracé de cette ligne a été un geste naturel, puisqu’elle apparaît sur toutes les cartes du Maroc visibles en France, au point qu’aujourd’hui, on la voit sans la voir. Vive inquiétude de mon collègue et homonyme installé au Maroc : la question du Sahara Occidental est plus épineuse là-bas que je ne l’aurais imaginé. Inculquée très tôt par l’enseignement primaire, l’idée d’un Sahara Occidental légitimement et historiquement intégré au pays est une évidence pour les Marocains. Il semble même qu’une carte présentant la frontière du Sahara Occidental ne puisse pas passer la douane et entrer dans le royaume. Dans la mesure où cette question était sans rapport avec la publication concernée, j’ai préféré censurer le cartouche de localisation pour ne pas mettre le collègue en difficulté, et revenir ici sur ce problème.

Le Sahara occidental est conquis par l’Espagne sur le royaume du Maroc en 1884 Lire la suite

Inside the Middle East, s’informer autrement sur le Moyen-Orient

Bonjour à tous, bonne rentrée à ceux qui reprennent, bonnes vacances à ceux qui repartent !

Un billet rapide pour évoquer ce journal en ligne réaliser par Sylvain Kahn, célèbre parmi les géographes pour animer une excellente émission sur France Culture intitulée Planète Terre. A écouter, toujours à 14h le mercredi mais désormais pour une heure entière.

Inside the Middle East ne se veut ni exhaustif, ni parfait mais cela reste intéressant pour ce que c’est : le point de vue d’un géographe sur une actualité complexe. Les nouveaux supports permettent aussi de nouvelles façon de s’informer, ce flipboard en est un exemple à mi-chemin entre le journal électronique et la revue de presse.

Accéder au journal en ligne

 

 

 

La violence religieuse dans le monde

COMMENTAIRE

Les religions, facteurs de conflits

Cette carte a été inspirée par la lecture de l’essai de Christopher Hitchens, Dieu n’est pas grand, comment la religion empoisonne tout. Il ne s’agit en aucun cas ici de remettre en cause les croyances ou les systèmes de pensée de telle ou telle communauté, mais de cartographier quelques conséquences du fanatisme en tant que fait de société. Cette carte répond à un enjeu proprement contemporain, dont on peut saisir toute l’acuité en lisant la presse quotidienne. Le fanatisme, motif principal ou secondaire de nombreux conflits, apparaît également comme l’un des principaux obstacles au progrès et aux droits de l’homme.

Je tiens à préciser que je ne prétends pas à l’exhaustivité, ni même à l’exactitude, aussi je suis particulièrement interessé par quiconque souhaiterait formuler une critique, ou une précision, par rapport à cette carte.

Explication de la légende

La première partie de la légende reprend largement la carte parue dans l’Atlas du XXIe siècle dirigé par Yves Lacoste, Nathan 2008. Il s’agit de la répartion, simplifiée et lissée, des principales religions. Le mode de représentation par applat de couleurs pose évidemment le problème des lignes de transition. Dans plusieurs cas, il aurait fallu une transition moins marquée entre deux sphères religieuses.

La seconde partie de la légende correspond à une compilation d’informations de provenance très diverses (presse, sites internet, ouvrages). Une typologie rapide présente les différents degrés de violence religieuse par Etat. Le plus haut niveau correspond aux Etats appliquant strictement la loi islamique (reposant sur une interprétation fondamentaliste et largement erronée du Coran), dans lesquelles les libertés individuelles élementaires ne sont pas garanties, le droit des femmes inexistant, et le blasphème puni de mort.

Le second degré rassemble des Etats assez différents où la religion joue un rôle important, et où règne une intolérance marquée à l’égard des minorités religieuses. Le retour à une orthodoxie obtuse dans la Russie de Poutine explique qu’elle appartienne à ce groupe. On y trouve également l’Inde, dont plusieurs Etats sont le théâtre d’affrontements religieux violents (entre Indous extrêmistes, musulmans, chrétiens …).

Enfin, un groupe plus vaste comprend les pays dans lesquels la religion pèse encore de tout son poids sur la société. Elle peut mettre en danger l’enseignement (Etats centraux des Etats-Unis) ou la santé des individus (c’est le cas avec le rôle actif de l’Eglise catholique dans la diffusion de l’épidémie de SIDA en Afrique). Elle peut également peser dans la décision politique pour ralentir le progrès des libertés individuelles (avortement en Irlande, homosexualité en Pologne ou au Maroc)

La troisième colonne reprend des exemples isolés de conflits ou d’actes violents perpétrés au nom de la religion. La plupart du temps, la religion n’est qu’une composante d’une tension internationale ou d’une guerre civile (par exemple en Ex-Yougoslavie dans les années 1990). Il demeure que le 11 septembre 2001 a révélé au monde l’émergence des fanatismes et leur capacité à frapper partout dans le monde. Enfin, il faut impérativement souligner que le fanatisme n’est pas le seul fait de l’Islam, mais concerne toutes les grandes religions, ainsi que de nombreuses sectes de taille plus réduite. Il serait intéressant de cartographier les suicides collectifs commis par ces sectes.