Coupe du monde 2014 : la carte des stades

Carte des stades du Brésil - coupe du monde 2014La coupe du monde de 2014 se déroulera cet été au Brésil, au cas où l’information vous aurait échappé. C’est la deuxième fois que le pays reçoit la rencontre, la première avait eu lieu en 1950. La répartition des stades correspond à celle du peuplement et des grandes agglomérations, classique dans les pays issus de la colonisation : la densité est importante près du littoral et faible dans l’hinterland. Les Portugais se sont d’abord installés sur le littoral du Nordeste, où on retrouve les stades de Fortaleza, Natal, Recife, et enfin Salvador où la France affrontera la Suisse le 20 juin prochain. Le centre de gravité démographique du pays s’est ensuite déplacé vers le Sud, notamment avec l’exploitation des ressources minières du Minas Gerais et les débuts d’industrialisation du pays au début du XXe siècle. Les plus grandes métropoles sont ici, et elles sont représentées par l’Arena de São Paulo et le mythique stade de Maracana à Rio de Janeiro. Deux autres stades sont situés dans le Sud. D’une part, celui de Curitiba, ville couramment citée comme modèle de développement durable à l’échelle d’une agglomération, et d’autre part celui de Porto Alegre, cette ville célèbre pour son rôle dans la contestation de la domination économique des pays du Nord, puisque la première édition du Forum Social Mondial s’y est déroulée en 2001. C’est à Porto Alegre que la France sera opposée au Honduras le 15 juin prochain. Avec la construction ex-nihilo d’une nouvelle capitale en 1960, Brasília, et la mise en place d’un front pionnier en Amazonie, la centre de gravité du pays s’est à nouveau déplacé, cette fois vers l’Ouest. L’avenir du Brésil réside dans ces vastes espaces qui font figure de réserve de terres agricoles, mais qui sont aussi l’enjeu d’une double prise de conscience, celle du rôle politique à accorder aux premiers habitants du pays, les Amérindiens, et celle des menaces pesant sur les milieux naturels de la plus vaste forêt équatoriale du monde. Les stades de Brasilia et de Cuiabá sont représentatifs de cette conquête de l’Ouest, ainsi que celui de la grande métropole amazonienne, Manaus.

Le Brésil est classé parmi les pays du « Sud » en vertu d’une ancienne ligne de démarcation économique héritée de la Guerre froide, mais également parmi les pays émergents, voire émergés : 8e puissance mondiale par son PIB (produit intérieur brut), 5e pays du monde par sa population et sa superficie, grande puissance agricole et 1ère puissance mondiale en matière de… football (5 titres à la coupe du monde, pour l’instant). La population brésilienne, 200 millions d’habitants, est caractérisée par de très fortes inégalités économiques et sociales. L’indice de Gini, un chiffre compris entre 0 et 100 qui décrit les inégalités de revenus au sein d’une population, attribue 55 au Brésil (30 pour la France), ce qui en fait l’un des pays les plus inégalitaires au monde. La carte de l’Indice de Développement Humain (IDH) montre très bien ce contraste. (plus frappante à l’échelle des municipes) Cet indice, compris lui aussi entre 0 et 1, mais beaucoup plus connu, évalue, outre les revenus, l’accès d’une population aux services de santé et d’éducation. Ce vaste État fédéral qu’est le Brésil est donc caractérisé par une très grande diversité, en terme de niveau de développement humain comme en terme de milieux. Presque tous les milieux tropicaux y sont représentés, du semi-aride à la forêt équatoriale hyperhumide, en passant par le cerrado, cette savane sèche des plateaux centraux. (Voir aussi cette carte)

Le Brésil, très vieux pays d’un point de vue géologique, armé par un bouclier précambrien datant des origine de la terre (le Précambrien, qui s’étend de 4,5 à 0,5 milliards d’années BP), est également une jeune nation, tant d’un point de vue politique (indépendance en 1822), mais aussi démographique, puisque l’âge médian de ses habitants est de 28 ans, et qu’un quart de la population a moins de 15 ans. Cette jeunesse est porteuse d’avenir, pour peu que le Brésil parvienne à réduire les inégalités sociales qui ont éclaté au grand jour avec les contestations liées au Mondial. En tout cas, elle représente indéniablement un réservoir de futurs grands footballeurs…

Sources : L’Équipe, Banque mondiale, Nations Unies, Atelier de cartographie de Sciences Po.