Le bouton de nacre : le Sud du Chili, géographie et mémoire

Patricio Guzmán, 2015 (Chili, France, Espagne)

Bouton de nacre

Le film de Patricio Guzmán est d’une beauté absolue. Parce que ses images d’eaux, de glace, d’averse ou de neiges soufflées par les vents sur les hauteurs andines sont surprenantes et admirables. Parce qu’il fait le lien entre les Indiens Selk’nam de jadis et les Chiliens d’aujourd’hui. Parce qu’il rêve au cosmos tout en racontant l’histoire des hommes. Le bouton de Nacre emprunte ainsi plusieurs voies, se partage en de nombreux ruisseaux et plus petits cours d’eau. Il circule entre les terres suivant un littoral long de 4200 km Lire la suite

L’organisation des espaces méditerranéens en France

Début 2016, la Géothèque a perdu une partie des images hébergées sur le site, une avanie a priori sans rapport avec les horribles attaques de robots-pirates qui, tels les Barbaresques d’autrefois en Méditerranée, ont perturbé l’activité du site pendant l’année 2015. C’est finalement pour nous l’occasion de présenter à nos visiteurs les plus récents, ou de rappeler au souvenir des anciens, quelques documents que les lois de la publication en ligne avaient relégués au fond du tiroir. C’est le cas de cette illustration sur les espaces méditerranéens, élaborée pour un cours sur les espaces ruraux destiné Organisation des espaces méditerranéensaux classes préparatoires BCPST (les « agro-véto », rares prépas scientifiques à avoir la chance de faire de la géographie). Le principe est de croiser les données physiques avec les formes d’occupation de l’espace traditionnelles et héritées. Le tout se veut un outil pensé pour installer, en les reliant entre eux de façon dynamique, la plupart des notions et du vocabulaire de base de l’étude des espaces méditerranéens français et européens. Lire la suite

Le Haut Atlas marocain, du terrain au dessin

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Croquis de la vallée par un élève de CM2

Nous vous avions déjà présenté le travail de Stéphane Bouron, fortuitement homonyme de l’auteur de ces lignes, dans cet article sur le Haut atlas marocain. Cet instituteur en poste à l’école André Malraux de Rabat est retourné sur les lieux au printemps pour étudier plus longuement l’organisation spatiale de cette vallée montagnarde dont le thalweg dépasse les 2000 m d’altitude.

C’est l’occasion pour lui de faire de la « vraie » géographie avec des enfants de CM2, comme le montre le bloc-diagramme réalisé par l’un d’eux, ci-dessus, qui pourrait utilement inspirer bien des étudiants… A sa demande, j’ai réalisé à partir des croquis réalisés par Stéphane et sa classe le bloc-diagramme ci-dessous, en couleurs et en noir et blanc.

Oukaimeden2 Oukaimeden-NBLaissons la parole à ces élèves qui sont aujourd’hui en Sixième, Lire la suite

Qu’est-ce qu’un milieu ?

Un milieu est un espace caractérisé par des données naturelles et aménagé par les Hommes.

Un milieu est un espace caractérisé par des données naturelles et aménagé par les Hommes.La notion de milieu ou milieu « naturel » est difficile à appréhender. En France métropolitaine, il n’existe aucun espace entièrement naturel. Certains travaux montrent que même la forêt amazonienne a été aménagée depuis des siècles par ses habitants qui, en sélectionnant et en favorisant certaines espèces, ont modifié la composition de la couverture végétale.

La notion de milieu associe donc étroitement l’homme et la nature. On parle de données naturelles, mais elles ne sont pas nécessairement antérieures à l’action humaine. En effet, par son action sur le milieu, l’homme modifie la nature et peut aussi contribuer à favoriser la biodiversité. Par exemple, le bocage traditionnel offre une plus grande diversité d’habitats pour les espèces animales que la forêt qui le remplacerait s’il disparaissait.

Les actions de l’homme visent à exploiter les ressources du milieu. Ce faisant, il peut le menacer : c’est-à-dire déséquilibrer son fonctionnement. Les actions de protection doivent alors être mises en place, de préférence avant la dégradation. L’abandon d’un milieu qui cesse d’être exploité peut aussi le menacer. Ainsi, les paysages des montagnes sèches méditerranéennes sont d’origine anthropique (humaine) : elles sont le résultat de siècles de pâturage. Le recul de l’élevage peut conduire à un enfrichement des pentes et accroître le risque d’incendie.

Le littoral breton : modèle théorique (bloc diagramme)

littoral breton bloc diagramme

Je rappelle qu’un bloc diagramme est un exercice de modélisation de la réalité qui n’a pas pour objectif d’en être une représentation exhaustive et fidèle, mais de dégager des éléments d’interprétation dans un objectif pédagogique. Comme tout document pédagogique, il comporte des raccourcis et des simplifications : à ce titre il n’est pas une production scientifique. Le document d’appui est ici la carte de Saint-Pol-de-Léon au 1/50000, mais l’illustration se veut plus générale du littoral breton.

Le relief de la Bretagne intérieure est marqué par un sous-sol granitique (1) et un modelé en « creux et bosses » caractéristique de l’érosion des plis hercyniens. Au contact avec la mer, ce relief donne des embouchures profondes, les abers (2), des vallées ennoyées par la transgression flandrienne. Le littoral est marqué par une côte très ciselée. Les plages de fond de baie (3), avec un estran de largeur modeste, occupent les rentrants. Les saillants sont caractérisés par des pointes rocheuses (4), des presqu’îles, et des îles (5).

Ce littoral attire plutôt un tourisme familial d’habitués qu’un tourisme de masse, mais des aménagements de loisirs sont visibles : accès aux plages (3), centres de vacances, complétées par une offre diffuse dans l’arrière-pays.

Les agglomérations (6) sont ici symbolisées par quelques maisons, il s’agit souvent d’unités urbaines petites ou moyennes, de plusieurs milliers d’habitants. L’activité de pêche reste vivace et pourvoyeuse d’emploi dans de nombreux ports (6) ; s’y ajoutent les navettes touristiques vers les îles ou les ports voisins. Les ports servent aussi à l’import d’intrants agricoles et à l’export des produits agro-alimentaires.

La structure traditionnelle de l’arrière-pays est le bocage (7) : il s’agit d’une structure d’enclos, où les prairies et les cultures sont ceintes par des haies vives. L’habitat y est dispersé en fermes identifiées par des toponymes (lieux-dits), l’eau y est abondante sur un sous-sol imperméable (1), sous forme de cours d’eau et de mares. Cette structure s’est spécialisée dans l’élevage bovin laitier notamment sous l’influence de la PAC (1962). La modernisation de l’agriculture a souvent pris la forme d’un remembrement (8) ou d’un réaménagement foncier, ce qui peut se traduire par l’arrachage des haies et l’augmentation des surfaces de labours ou de prairies dite artificielles. Le système breton s’appuie sur une main d’œuvre bien formée et organisée (rôle des organisations de jeunesse comme les JAC) qui investit rapidement dans l’élevage intensif (9) porcin ou avicole. Les conséquences environnementales sont bien connues : infiltration des matières azotées consécutive aux épandages massifs et eutrophisation des cours d’eau (10) dont l’un des corolaires est le développement d’algues vertes (11), peut-être un peu caricatural sur le document. Le Nord du Finistère est parfois qualifié de « ceinture dorée » en raison de la production importante de fruits et légumes, souvent sous serres (12).

Ces activités sont liées à la présence de voies de communication (la voie rapide construite dans les années 1970 au cours du « plan routier breton » n’a pas été représentée car plutôt en retrait du littoral pour éviter les embouchures profondément échancrées de cours d’eau, on lui supposera donc une voie d’accès (13). La Bretagne reste enfin la première région pour les emplois dans le secteur agro-alimentaire. Les établissements industriels (14), nombreux, se chargent de transformer et de conditionner les produits de l’élevage, du maraîchage, et des produits de la mer (pêche, aquaculture)

Les dynamiques démographiques sont moins impressionnantes que sur d’autres littoraux moins périphériques, mais on observe une périurbanisation (15), modeste compte-tenu de la population totale des unités urbaines, mais secondée par l’existence de résidences secondaires. Le phénomène est sous représenté sur l’illustration, parce que c’est très long de dessiner beaucoup de petites maisons.

Remerciements à PMG pour ses conseils critiques.

 

 

Les Parcs Naturels de France

carte parcs naturels france

Mise à jour de la carte des Parcs Nationaux de France. De nombreux Parcs ont été créés depuis la première version de cette carte en 2007. La politique des parcs nationaux en France commence en 1963 avec la Vanoise. Puis suivent : Port-Cros, les Écrins, les Pyrénées, les Cévennes, le Mercantour. Le premier parc en outre-mer est créé en Guadeloupe en 1988, suivi par la Guyane en 2007. Les parcs récents sont surtout marins : Iroise, Mayotte, Golfe du Lion, Calanques (avec une partie terrestre), estuaires picards, Glorieuses et enfin Bassin d’Arcachon en 2012.

Leur but est la protection de milieux relativement « sauvages » et d’espèces animales au végétal. Ainsi le parc du Mercantour a joué un rôle dans la réintroduction du loup dans les Alpes à partir de meutes italiennes. Les Parcs Nationaux comportent deux zones distinctes. Le « cœur de parc » ou « zone centrale » fait l’objet des mesures de protection les plus strictes. Cet espace ne comporte théoriquement pas d’habitat humain permanent, à l’exception de 80 habitants dans les Cévennes. La « zone d’adhésion » ou périphérique, comporte des espaces adhérents du Parc mais où les activités humaines sont davantage prises en compte dans la protection de l’environnement.

Les mesures de protection sont différentielles, elles peuvent ne pas s’appliquer à tous les espaces du parc. Elles sont nombreuses, citons à titres d’exemple : l’interdiction du bivouac, de faire du feu, du VTT, des sports aériens, des prélèvements, de la chasse, des animaux domestiques… Comme toujours dans la préservation des espaces naturels en France, ces interdictions sont associées à des mesures de sensibilisation. A ce titre, les « maisons du parc » informent les visiteurs sur les milieux naturels.

Un peu d’hydrologie illustrée

Le cycle de l’eau : précipitations, précipitations neigeuses, neiges « éternelles », ruissellement, infiltration, nappe phréatique, mer, évaporation, glacier

Hydrologie fluviale : fleuve, rivière, torrent, affluent, confluence, lit majeur, bras mort, source/résurgence vauclusienne, ligne de sources, déversoir, lac, exutoire, lac de barrage, cascades, rapides, cataracte, chute d’eau, delta intérieur, chenaux anastomosés, embouchure, estuaire

Glaciologie : vallée glaciaire, moraines latérales, crevasses, névé, front de glacier, cours d’eau sous-glaciaire, vallée suspendue

Aménagements humains, pollution, protection des milieux : pont, barrage hydro-électrique, retenue collinaire, station de pompage, châteaux d’eau (stockage), distribution aux usagers, station d’épuration, pollution, hydrocarbures, eutrophisation, infiltration des intrants, zone humide protégée (site RAMSAR).

Divers : terrasses alluviales, berge, étang, marais

La France : agriculture et pêche, spécialités régionales

La France, agriculture et pêche, croquis de synthèse

La France, spécialités régionales, un clin d’œil aux cartes murales d’autrefois 😉

COMMENTAIRE

On retrouve sur la carte, entre autres :

ALSACE : farine de blé (gâteaux et pâtisseries : koughlof), vins blancs d’Alsace, bière d’Alsace
AQUITAINE : huîtres (Arcachon, Oléron), pin des Landes, foie gras et charcuterie du Périgord, fromages basques (Ossau Irati), tabac, vins rouges et blancs (Bordeaux, Entre-deux-mers, Médoc, Graves…)
AUVERGNE : fromages de vache (St Nectaire…), poissons de la Loire et de l’Allier
BOURGOGNE : petits fruits (cassis, myrtilles) de Dijon, charcuterie du Morvan, poissons de la Saône, vache charolaise, vins rouges et blancs de Bourgogne (Côte de Beaune, Côte de Nuits …)
BRETAGNE : poissons et fruits de mer, charcuterie (Andouille de Guéméné), cidre, pommes
CENTRE : gibiers des marais de Sologne et Brenne, vins blancs du Sancerrois, vins rouges de Tourraine et Vouvray
CHAMPAGNE-ARDENNE : gibier des Ardennes (son fameux sangler !), vins de champagne
CORSE : charcuterie (saucisson, figatelli…), châtaigne, fromages secs
FRANCHE-COMTE : charcuterie (saucisse de Morteau…), fromages de vache (comté, cancoillote…), poissons de la Saône, vins blancs du Jura
GUADELOUPE : canne à sucre, bananes
GUYANE : canne à sucre, gibier et poisson de la forêt amazonienne
ILE-DE-FRANCE : Brie de Meaux et de Melun, farine de blé et céréales
LANGUEDOC-ROUSSILLON : fromages des Pyrénées, vins rouges du Languedoc, poissons de la Méditerranée, fruits, châtaigne des Cévennes, sel de mer
LIMOUSIN : fromages, vache limousine
LORRAINE : fruits (mirabelle), gibier et miel des Vosges, poissons de la Meuse et de la Moselle, vins blancs de Moselle
MARTINIQUE : bananes
MIDI-PYRENEES : poulet du Gers, foie gras, fromages des Causses, charcuterie (saucisse de Toulouse…), tabac, vins rouges (Albigeois…)
NORD-PAS-DE-CALAIS : bière de Flandre
NORMANDIE : cidre, fromages de vache (Camembert, Livarot…), poissons et fruits de mer, pommes
PAYS DE LOIRE : charcuterie (rillettes du Mans…), fromages mayennais, fruits de mer, pommes et poires, poulets de la Sarthe, vins blancs (Muscadet…), vins rouges d’Anjou, sel de Guérande
PICARDIE : céréales, betterave, gibier d’eau de la Baie de Somme, poissons de mer, pomme de terre
POITOU-CHARENTES : vins (Pineau), apéritifs des charentes (Armagnac, Cognac, fromages de chèvre (Chabichou), fruits de mer
PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR : fruits méditerranéens, fromages de brebis des Hautes-Alpes, olives et huile d’olive, poissons de la Méditerranée, vins de Provence, sel marin
REUNION : ananas, canne à sucre
RHONE-ALPES : poules de Bresse, charcuteries lyonnaises (rosette, jésus…), fromages de vache de Savoie (tomes..), abricots de la Drôme, olive et huile de Nyons, vins blancs (Côte Rôtie), vins rouges (Beaujolais, Côte du Rhône).

Pour des raisons évidentes de lisibilité de la carte, toutes les spécialités culinaires régionales n’ont pas pu être représentées ! J’espère ne heurter aucune sensibilité régionale mais je reste ouvert aux remarques constructives !

Carte géologique de la France

Cartes : Populations et paysages d’Afrique

Carte des grands domaines bioclimatiques dans le monde

Outils cartographiques destinés aux enseignants et à leurs élèves, pour la classe de sixième (Où sont les Hommes sur la Terre) et les repères spatiaux du DNB (brevet).

Localisation des grands fleuves et des domaines bioclimatiques. L’accent étant placé sur les régions peu peuplées, on peut utiliser ces cartes dans le chapitre sur le peuplement, pour une première partie consacrée aux faibles densités. Un diaporama à projeter en classe permet d’accompagner le travail des élèves.

Cartes libres de droits pour un usage en classe uniquement. Pour obtenir cette carte sous un autre format, me contacter.