L’Afrique, le bœuf et le chameau

Deux infographies indispensables sur l’élevage en Afrique, réalisées grâce aux données fournies par la Food and Agriculture Organization, sur son site FAOstat. On l’ignore souvent, mais l’Afrique produit une grande majorité des chameaux dans le monde, étant entendu que le dromadaire n’est autre que le chameau dit « d’Arabie » (tout le monde le sait mais il doit bien y avoir une page Wikipédia qui le confirme, je laisse nos lecteurs s’en assurer)

Afrique-bovins Lire la suite

Suite armoricaine

Pascale Breton, 2015 (France)

Suite armoricaineDans ce très beau film sur le temps et l’identité, on s’intéresse aussi à la représentation de l’espace. Il n’est pas besoin de savoir que Pascale Breton a suivi des études de géographie pour s’apercevoir de la vive attention accordée aux lieux ainsi qu’au parcours de ses personnages à travers eux.

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Le retournement démographique des campagnes françaises

Nous publions ici en couleur des documents extraits de notre ouvrage : Pierre-Marie Georges et Jean-Benoît Bouron, 2015, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p.

L’imaginaire décliniste associé aux campagnes françaises demeure très présent dans la société française. Longtemps alimenté par le jugement de valeur contenu dans l’expression « exode rural » qui a été portée aux nues par des générations d’analystes, l’idée d’une primauté de la ville sur les campagnes n’a cessé de se développer. La récente pensée performative associée à l’idée de métropolisation ne semble en être qu’une énième expression, déliant les langues de ceux qui veulent en finir avec le rural, tandis que certains auteurs caricaturent les phénomènes de relégation sociale associée à la France périphérique. Bien entendu, ces quelques lignes ne peuvent suffire à en apporter un démenti scientifique, mais face à ces puissants discours, un détour par les dynamiques démographiques récentes peut par exemple apporter un éclairage plus positif sur les espaces ruraux. Pour initier cette réhabilitation et répondre aux acteurs du rural qui ont du mal à formaliser les atouts de leurs territoires alors même qu’ils observent des changements profonds, nous souhaitions simplement rappeler que les campagnes gagnent des habitants depuis plusieurs décennies, et que ce retournement démographique témoigne d’un basculement sociétal qui ne se résume pas seulement à une prolongation de l’étalement urbain.

Evolution Pop 1968-2012-01

Bien entendu, il faut nuancer l’analyse et ne pas tomber dans le piège d’une lecture béate, Lire la suite

L’organisation des espaces méditerranéens en France

Début 2016, la Géothèque a perdu une partie des images hébergées sur le site, une avanie a priori sans rapport avec les horribles attaques de robots-pirates qui, tels les Barbaresques d’autrefois en Méditerranée, ont perturbé l’activité du site pendant l’année 2015. C’est finalement pour nous l’occasion de présenter à nos visiteurs les plus récents, ou de rappeler au souvenir des anciens, quelques documents que les lois de la publication en ligne avaient relégués au fond du tiroir. C’est le cas de cette illustration sur les espaces méditerranéens, élaborée pour un cours sur les espaces ruraux destiné Organisation des espaces méditerranéensaux classes préparatoires BCPST (les « agro-véto », rares prépas scientifiques à avoir la chance de faire de la géographie). Le principe est de croiser les données physiques avec les formes d’occupation de l’espace traditionnelles et héritées. Le tout se veut un outil pensé pour installer, en les reliant entre eux de façon dynamique, la plupart des notions et du vocabulaire de base de l’étude des espaces méditerranéens français et européens. Lire la suite

Le rural dans les mailles du filet territorial

On peut dire, sans imaginer heurter quiconque, que les débats sur la (les) réforme territoriale ont creusé des sillons qui ont profondément marqué le paysage politique et sociétal de l’année 2015. Entre ceux qui défendent les principes d’une cure d’amaigrissement du mille-feuille territorial, ceux qui déconstruisent l’image trompeuse d’un « big-bang territorial », ceux qui soulignent la cohérence économique des réformes engagées, ceux qui craignent l’émiettement des principes d’égalité territoriale, et ceux qui au contraire revendiquent l’émergence de nouvelles échelles locales propices à l’innovation territoriale…, rarement l’actualité politique et législative a autant contribué à alimenter la dispute autour d’un objet géographique particulier : le territoire. Appliqué aux espaces ruraux, l’imbroglio territorial peut être sujet à encore plus d’interprétations. Car si l’on a vu dans un article précédent que la question des espaces vécus de la ruralité n’allait pas de soi, celle liée à sa définition territoriale n’en est pas moins complexe. Dès lors, pour tenter d’apporter un éclairage sur cette question des périmètres qui organisent la vie des territoires, nous poursuivons la publication en couleur d’éléments tirés du Bouron-Georges, même si nous ne pouvons que conseiller de s’y référer dans le détail, étant donné la nature complexe du sujet.

Maillage de l'espace rural : étude de cas théoriqueLe titre de l’infographie précise alors directement notre objectif : en parlant de « maillage territorial », on s’attache à décrire les multiples emboîtements, superpositions, recoupements des mailles qui organisent la définition des territoires ruraux. L’idée n’est donc pas de contribuer au débat territorial en prônant telle ou telle efficience, Lire la suite

Le Haut Atlas marocain, du terrain au dessin

oukaimeden-croquis-élève

Croquis de la vallée par un élève de CM2

Nous vous avions déjà présenté le travail de Stéphane Bouron, fortuitement homonyme de l’auteur de ces lignes, dans cet article sur le Haut atlas marocain. Cet instituteur en poste à l’école André Malraux de Rabat est retourné sur les lieux au printemps pour étudier plus longuement l’organisation spatiale de cette vallée montagnarde dont le thalweg dépasse les 2000 m d’altitude.

C’est l’occasion pour lui de faire de la « vraie » géographie avec des enfants de CM2, comme le montre le bloc-diagramme réalisé par l’un d’eux, ci-dessus, qui pourrait utilement inspirer bien des étudiants… A sa demande, j’ai réalisé à partir des croquis réalisés par Stéphane et sa classe le bloc-diagramme ci-dessous, en couleurs et en noir et blanc.

Oukaimeden2 Oukaimeden-NBLaissons la parole à ces élèves qui sont aujourd’hui en Sixième, Lire la suite

Une typologie des bassins de vie à dominante rurale – le Bouron/Georges en couleurs

Comment définir et délimiter les campagnes françaises ? Plus de vingt pages sont consacrées à la question du maillage de l’espace rural dans l’ouvrage que nous avons publié récemment (Bouron & Georges, 2015) et que nous avons déjà présenté à plusieurs reprises. Aussi, sans revenir sur l’ensemble de ces enjeux, nous continuons à poursuivre l’objectif d’enrichir la lecture de l’ouvrage papier grâce à la publication en ligne et en couleurs de documents issus du livre.

La carte reproduite ici ponctue dans l’ouvrage un long développement sur la complexité de la question territoriale en France, et vise à présenter une typologie développée par Pierre Pistre dans sa thèse1Pierre Pistre, Renouveaux des campagnes françaises : évolutions démographiques, dynamiques spatiales et recompositions sociales , Université Paris-Diderot – Paris VII, 2012 – thèse en ligne sur les dynamiques démographiques des campagnes françaises. Cette carte, qui permet grâce à l’analyse statistique de caractériser et d’identifier les différentes dynamiques spatiales et sociales à l’œuvre dans les territoires ruraux, nous semblait en effet à même de conclure cette partie très technique, en montrant une application concrète à partir du zonage des bassins de vie.

Typologie Bassin de Vie Espace Rural PistreC’est la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) et l’Insee qui ont créé le néologisme de bassin de vie en 2003 en le définissant comme la « plus petite maille territoriale » française Lire la suite

Notes   [ + ]

1. Pierre Pistre, Renouveaux des campagnes françaises : évolutions démographiques, dynamiques spatiales et recompositions sociales , Université Paris-Diderot – Paris VII, 2012 – thèse en ligne

Une carte des paysages français…, en complément du « Bouron-Georges » !

carte paysages ruraux en france

 

A l’occasion de la parution des Territoires ruraux en France, publié par deux géothécaires aux éditions Ellipses* (oui on en parle beaucoup mais c’est parce qu’on est contents !), la Géothèque vous propose la version couleurs d’une carte disponible en noir et blanc dans l’ouvrage. Elle donne à lire la diversité des paysages ruraux français. C’est certes un lieu commun de la géographie française, mais la formule toute faite n’en est pas pour autant dénuée de fondement. C’est d’ailleurs cette diversité à plusieurs échelles qui rend la généralisation particulièrement risquée, et le travail du cartographe périlleux. Ce n’est donc pas sans consentir à de grands sacrifices que nous avons construit cette carte bariolée. Résultat des données très fines de Corine Land Cover, c’est-à-dire de la photo-interprétation d’images satellitaires, elle prend volontairement la modernité à contre-pied en se voulant un hommage aux anciennes cartes murales, dont la mode actuelle reflète un certain engouement pour l’ambiance austère des salles de classe de la IIIe République**. Lire la suite

Parution du Bouron/Georges : Les territoires ruraux en France

Pour accéder à la fiche du livre sur le site de l’éditeur : cliquez ici ;

Pour lire la recension de l’ouvrage par Catherine Didier-Fevre pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage par Xavier Leroux pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage dans la revue Population&Avenir : cliquez ici

C’est un tout petit événement dans le monde de l’édition, mais c’est une belle aventure pour deux géothécaires : Jean-Benoît et Pierre-Marie sont heureux de vous annoncer la naissance du Bouron/Georges*, fruit de la rencontre de leurs regards et de leurs connaissances sur les territoires ruraux français. Bref, nous sommes contents !

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Le livre est publié aux éditions Ellipses, que l’on remercie d’une part pour leur accompagnement et la confiance qu’ils nous ont accordée, en particulier Anne Lacambre, d’autre part pour le beau flyer promotionnel qu’ils ont préparé :

Flyer Bouron-Georges – Les territoires ruraux en France

Aussi, si le visuel de couverture ne suffit pas à vous convaincre de courir l’acheter chez votre libraire préféré, ou ici, ici, ici, ici, ici ou ici…, le descriptif de la 4ème de couverture aide à préciser les contours de l’ouvrage :

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Carte : l’habitation coloniale Bois-Debout en Guadeloupe

L’illustration ci-dessous est la version couleurs d’une image publiée dans JB Bouron, PM Georges, Les territoires ruraux en France, Ellipses, 2015, à paraître le 8 septembre 2015.
L'habitation Bois-Debout à Capesterre (Guadeloupe)

L’habitation coloniale n’est pas seulement le bâtiment hérité de la période coloniale, mais aussi et surtout une exploitation agricole fondée sur l’esclavage. Elle est donc à la fois une forme de bâti, un système agraire esclavagiste, et aujourd’hui une structure d’exploitation héritée. La maison des maîtres est généralement placée sur une petite hauteur en retrait du littoral de manière à éviter les tempêtes littorales, à profiter d’un air plus frais, et sert probablement à garder un point de vue panoramique sur des cultures atteignant une certaine hauteur comme la canne à sucre. La canne, en de nombreuses parties des Antilles, a aujourd’hui laissé la place à la banane. Mais de plus en plus souvent, elle est réintroduite en rotation, tant on sait que le bananier est une culture fragilisante pour l’équilibre des sols, notamment en monoculture intensive.

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La filière pomme de terre en France

Une image, pour teaser (pardon, il faut dire aguicher, pour respecter les recommandations officielles de la Commission de terminologie et de néologie)(1) la parution prochaine d’un ouvrage publié par deux membres de la Géothèque(2). Une carte des patates, pour faire court.

Production pommes de terre France

La pomme de terre est restée inconnue des Européens jusqu’à la découverte du continent américain et son exploration à partir du XVIe siècle. Sa rusticité, son rendement élevé et sa capacité à se développer dans des conditions climatiques et édaphiques extrêmes en avaient fait la base de l’alimentation des peuples andins. La pomme de terre fut rapidement adoptée par les habitants du vieux continents pour lesquels elle représentait une arme efficace contre les famines récurrentes. Elle devint pratiquement le légume national de l’Irlande, et les Français, quoique fort réticents jusqu’aux manœuvres astucieuses du baron Parmentier, finirent par chercher tous les moyens de l’accommoder. Ils lui choisirent un autre nom que celui de patate (en espagnol, italien, anglais, etc.) et la baptisèrent « pomme de terre », « pomme » signifiant « fruit ». La pomme de terre reste encore la base de l’alimentation dans de nombreux pays du monde et l’ONU a déclaré l’année 2008 année internationale de la pomme de terre en raisons des services rendus par ce tubercule.

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Des AOC à la carte : cartographier les appellations d’origine contrôlée

Cet article propose un jeu de 4 cartes sur les AOC/AOP françaises. Il s’agit ici de revenir sur la genèse de ces cartes. Pour un commentaire plus complet et problématisé sur la place des AOC et des produits de terroir dans la dynamique des espaces ruraux, nous renvoyons le lecteur vers le Bouron-Georges*, dont la publication prochaine permettra de retrouver deux des cartes présentées ici.

* Jean-Benoît BOURON & Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., 2015. (disponible à partir du 8 septembre 2015).

CaptureAOC

À l’heure de l’open-data et de la profusion de productions (carto)graphiques qui l’accompagnent, l’adage qui veut que « faire une carte, c’est faire des choix » passe parfois au second plan. Pourtant, derrière l’apparente simplicité de l’usage de l’outil cartographique, apprendre à analyser les informations que l’auteur a choisi de représenter (ou choisi d’omettre) est un enjeu tout aussi important que le résultat cartographique en lui-même.

Pour prendre du recul sur une carte, on examine généralement le système de projection utilisé, on caractérise les échelles employées, on étudie la sémiologie adoptée (les couleurs, les trames, les symboles et les figurés), on scrute les délimitations, on décompose la légende, et bien entendu on porte une attention toute particulière à la ou les sources mobilisées. Ceci est le point de départ de toute analyse critique d’un document cartographique. Pourtant ce réflexe du géographe est loin d’être automatique ; et alors que la nécessaire éducation à l’image animée commence à s’imposer comme réflexe éducatif, il semble tout aussi essentiel en info-cartographie d’exercer les lecteurs à comprendre ce qui est représenté, avant de comprendre la représentation.

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Etats-Unis, deux cartes de l’agriculture niveau collège

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Deux cartes des fameuses « Belts » et des espaces ruraux et agricoles aux Etats-Unis. Une carte en couleurs pour vidéoprojecteur, une carte muette en noir et blanc à faire compléter par les élèves. La carte est pensée pour localiser les paysages ruraux étudiés en classe de sixième : les types d’orientation agricole sont donc simplifiés, mais même dans leur forme actuelle, ils restent trop complexes pour des 6e, à moins de nécessiter de longues explications. Les trous de la légende portent donc sur quelques mots-clés en lien avec l’étude des paysages ruraux. En revanche, cette carte peut constituer un point de départ à une étude plus approfondie en classe de Seconde. Notez que depuis le début des années 2000, la célèbre Corn Belt est devenue la Corn and Soy Belt. Cartes téléchargeables gratuitement pour usage pédagogique et non lucratif. Pour toute utilisation en ligne, merci de citer vos sources…

 

Aux origines de la huerta valencienne : organigramme

organigramme-huerta-valencienne-facteursHop, on commence déjà à préparer le programme de l’an prochain pour les prépas BCPST avec cet organigramme en noir et blanc sur la huerta valencienne.

La huerta de la région de Valencia en Espagne est un modèle de système agraire, dont on retrouve des avatars dans d’autres espaces comme le Midi français, dans le Comtat Venaissin par exemple. Il s’agit d’un espace de colutra promiscua associant des cultures fragiles et rentables comme les agrumes avec la trilogie méditerranéenne. Elle puise dans les héritages historiques de la région, notamment la culture arabo-musulmane qui a permis l’introduction de plantes nouvelles et la maîtrise de l’irrigation par gravité. On peut également la considérer comme un géosystème, en ce qu’elle est le produit de l’adaptation des sociétés humaines au milieu méditerranéen.

L’étagement des cultures dans le Haut-Atlas marocain

étagement des cultures, Haut-Atlas, Maroc, en couleursTexte, projet pédagogique et photographies : Stéphane Bouron, instituteur au Maroc
Blocs-diagrammes : Jean-Benoît Bouron

Présentation
À proximité du village d’Oukaïmeden, sur le versant ouest du Tarigt, plusieurs villages sont érigés dans la vallée du N’ougadir. Après l’abandon de l’extraction de barytine dans une mine située sur un versant au sud du village de Gliz, l’essentiel de l’économie est désormais agricole.
On distingue les cultures vivrières (pommes de terre, oignons et orge) des cultures de rente (pommes, noix et bulbes d’iris) sur les versants exploités tandis que les parties amonts colonisées par des genévriers servent de pâturages pour les caprins.
– Expliquer et comprendre un paysage
– Réaliser un croquis de paysage avec sa légende
– Connaître l’organisation d’une exploitation agricole Lire la suite

Carte de situation du Vent des Forêts

A la suite du petit article qui se proposait de décrire l’inscription spatiale d’une œuvre de l’Espace Rural d’Art Contemporain du Vent des Forêts, certains m’ont interrogé sur la localisation précise de ce site dans le département de la Meuse.

Et puisque le site internet du VdF ne propose qu’une infographie sommaire pour illustrer « comment venir au VdF« , je me propose de partager cette carte de situation, très légèrement problématisée, que j’avais dans mes cartons et que j’ai rapidement modifiée dans un esprit « chargé de communication » pour insister sur l’aspect de l’accessibilité.

Au passage, cela peut introduire une réflexion sur le statut des espaces de faible densité, leur attractivité et leur accessibilité, au regard des nouvelles formes de pratiques de la Culture et de l’art contemporain. Espace isolé, en marge des principaux leviers de développement local, le VdF contribue à la construction de nouvelles aménités, qui sont autant de pratiques sociales et de tourisme/loisirs articulées entre les espaces naturels, les bourgs ruraux, les petites villes, les centres urbains régionaux, et les métropoles internationales. Un bel exemple de dialectique entre mobilité et proximité en somme…

Le littoral breton : modèle théorique (bloc diagramme)

littoral breton bloc diagramme

Je rappelle qu’un bloc diagramme est un exercice de modélisation de la réalité qui n’a pas pour objectif d’en être une représentation exhaustive et fidèle, mais de dégager des éléments d’interprétation dans un objectif pédagogique. Comme tout document pédagogique, il comporte des raccourcis et des simplifications : à ce titre il n’est pas une production scientifique. Le document d’appui est ici la carte de Saint-Pol-de-Léon au 1/50000, mais l’illustration se veut plus générale du littoral breton.

Le relief de la Bretagne intérieure est marqué par un sous-sol granitique (1) et un modelé en « creux et bosses » caractéristique de l’érosion des plis hercyniens. Au contact avec la mer, ce relief donne des embouchures profondes, les abers (2), des vallées ennoyées par la transgression flandrienne. Le littoral est marqué par une côte très ciselée. Les plages de fond de baie (3), avec un estran de largeur modeste, occupent les rentrants. Les saillants sont caractérisés par des pointes rocheuses (4), des presqu’îles, et des îles (5).

Ce littoral attire plutôt un tourisme familial d’habitués qu’un tourisme de masse, mais des aménagements de loisirs sont visibles : accès aux plages (3), centres de vacances, complétées par une offre diffuse dans l’arrière-pays.

Les agglomérations (6) sont ici symbolisées par quelques maisons, il s’agit souvent d’unités urbaines petites ou moyennes, de plusieurs milliers d’habitants. L’activité de pêche reste vivace et pourvoyeuse d’emploi dans de nombreux ports (6) ; s’y ajoutent les navettes touristiques vers les îles ou les ports voisins. Les ports servent aussi à l’import d’intrants agricoles et à l’export des produits agro-alimentaires.

La structure traditionnelle de l’arrière-pays est le bocage (7) : il s’agit d’une structure d’enclos, où les prairies et les cultures sont ceintes par des haies vives. L’habitat y est dispersé en fermes identifiées par des toponymes (lieux-dits), l’eau y est abondante sur un sous-sol imperméable (1), sous forme de cours d’eau et de mares. Cette structure s’est spécialisée dans l’élevage bovin laitier notamment sous l’influence de la PAC (1962). La modernisation de l’agriculture a souvent pris la forme d’un remembrement (8) ou d’un réaménagement foncier, ce qui peut se traduire par l’arrachage des haies et l’augmentation des surfaces de labours ou de prairies dite artificielles. Le système breton s’appuie sur une main d’œuvre bien formée et organisée (rôle des organisations de jeunesse comme les JAC) qui investit rapidement dans l’élevage intensif (9) porcin ou avicole. Les conséquences environnementales sont bien connues : infiltration des matières azotées consécutive aux épandages massifs et eutrophisation des cours d’eau (10) dont l’un des corolaires est le développement d’algues vertes (11), peut-être un peu caricatural sur le document. Le Nord du Finistère est parfois qualifié de « ceinture dorée » en raison de la production importante de fruits et légumes, souvent sous serres (12).

Ces activités sont liées à la présence de voies de communication (la voie rapide construite dans les années 1970 au cours du « plan routier breton » n’a pas été représentée car plutôt en retrait du littoral pour éviter les embouchures profondément échancrées de cours d’eau, on lui supposera donc une voie d’accès (13). La Bretagne reste enfin la première région pour les emplois dans le secteur agro-alimentaire. Les établissements industriels (14), nombreux, se chargent de transformer et de conditionner les produits de l’élevage, du maraîchage, et des produits de la mer (pêche, aquaculture)

Les dynamiques démographiques sont moins impressionnantes que sur d’autres littoraux moins périphériques, mais on observe une périurbanisation (15), modeste compte-tenu de la population totale des unités urbaines, mais secondée par l’existence de résidences secondaires. Le phénomène est sous représenté sur l’illustration, parce que c’est très long de dessiner beaucoup de petites maisons.

Remerciements à PMG pour ses conseils critiques.