Une typologie des bassins de vie à dominante rurale – le Bouron/Georges en couleurs

Comment définir et délimiter les campagnes françaises ? Plus de vingt pages sont consacrées à la question du maillage de l’espace rural dans l’ouvrage que nous avons publié récemment (Bouron & Georges, 2015) et que nous avons déjà présenté à plusieurs reprises. Aussi, sans revenir sur l’ensemble de ces enjeux, nous continuons à poursuivre l’objectif d’enrichir la lecture de l’ouvrage papier grâce à la publication en ligne et en couleurs de documents issus du livre.

La carte reproduite ici ponctue dans l’ouvrage un long développement sur la complexité de la question territoriale en France, et vise à présenter une typologie développée par Pierre Pistre dans sa thèse1Pierre Pistre, Renouveaux des campagnes françaises : évolutions démographiques, dynamiques spatiales et recompositions sociales , Université Paris-Diderot – Paris VII, 2012 – thèse en ligne sur les dynamiques démographiques des campagnes françaises. Cette carte, qui permet grâce à l’analyse statistique de caractériser et d’identifier les différentes dynamiques spatiales et sociales à l’œuvre dans les territoires ruraux, nous semblait en effet à même de conclure cette partie très technique, en montrant une application concrète à partir du zonage des bassins de vie.

Typologie Bassin de Vie Espace Rural PistreC’est la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) et l’Insee qui ont créé le néologisme de bassin de vie en 2003 en le définissant comme la « plus petite maille territoriale » française Lire la suite

Notes   [ + ]

1. Pierre Pistre, Renouveaux des campagnes françaises : évolutions démographiques, dynamiques spatiales et recompositions sociales , Université Paris-Diderot – Paris VII, 2012 – thèse en ligne

Le casse-tête géographique : cartographier la richesse des nations

Depuis que j’enseigne la mondialisation et la géographie du développement (donc depuis que j’enseigne tout court), je suis confronté à une douloureuse question. Lorsque les élèves ont colorié les pays riches (habituellement les pays de feu le « Nord » moins l’ex-URSS), les pays en transition, les BRICS, les pays ateliers (et/ou leurs acolytes, émergents, exportateurs, pétroliers, etc.) et enfin les déprimants Pays les Moins Avancés, que faire de ce qui reste, des ni producteurs, ni riches, ni moins avancés ?

Comment trouver un classement qui permette de trouver une place à chacun des 193 pays du monde, même une place par défaut ? (193, plus ou moins, selon qu’y figurent le Vatican, la Palestine, etc.). La question n’est pas si épineuse qu’on ne s’y puisse frotter… J’ai donc fouillé Wikipédia à la recherche de classements et de sources fiables pour lesdits classements. Quand je pense que certains enseignants déconseillent à leurs élèves d’utiliser ce formidable outil de connaissance… Wikipédia m’entraîne sur les sites du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OPEP, de la CIA (World facts) et de l’ONU. Précisons qu’il ne s’agit pas ici (bien sûr !) de distribuer des bons points à tel ou tel pays mais de démêler un peu la géographie du monde.

Groupe 1 : Les pays riches Lire la suite

Une carte des paysages français…, en complément du « Bouron-Georges » !

carte paysages ruraux en france

 

A l’occasion de la parution des Territoires ruraux en France, publié par deux géothécaires aux éditions Ellipses* (oui on en parle beaucoup mais c’est parce qu’on est contents !), la Géothèque vous propose la version couleurs d’une carte disponible en noir et blanc dans l’ouvrage. Elle donne à lire la diversité des paysages ruraux français. C’est certes un lieu commun de la géographie française, mais la formule toute faite n’en est pas pour autant dénuée de fondement. C’est d’ailleurs cette diversité à plusieurs échelles qui rend la généralisation particulièrement risquée, et le travail du cartographe périlleux. Ce n’est donc pas sans consentir à de grands sacrifices que nous avons construit cette carte bariolée. Résultat des données très fines de Corine Land Cover, c’est-à-dire de la photo-interprétation d’images satellitaires, elle prend volontairement la modernité à contre-pied en se voulant un hommage aux anciennes cartes murales, dont la mode actuelle reflète un certain engouement pour l’ambiance austère des salles de classe de la IIIe République**. Lire la suite

Croquis : Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation

mondialisation-integration-inegale mondialisation-integration-inegale-NB

Deux croquis destinés tout particulièrement aux classes de Terminale. Il s’agit en fait du corrigé de l’un des cinq croquis exigibles au baccalauréat en Terminale S, sur le sujet : « Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation ». L’objectif est théoriquement pour l’élève de construire le croquis en une grosse heure, ce qui pousse à l’apprentissage par cœur de ces cinq croquis. Il est bien sûr souhaitable de faire construire la carte par les élèves, mais il peut être utile également d’en proposer un corrigé. Ce qui ne doit pas forcément devenir une habitude peut permettre, en début d’année, de montrer l’exemple en posant certains réflexes cartographiques. Cela peut s’appuyer sur une réflexion sur les figurés, par exemple en s’appuyant sur ce document : Lire la suite

Parution du Bouron/Georges : Les territoires ruraux en France

Pour accéder à la fiche du livre sur le site de l’éditeur : cliquez ici ;

Pour lire la recension de l’ouvrage par Catherine Didier-Fevre pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage par Xavier Leroux pour les Clionautes : cliquez ici

Pour lire la recension de l’ouvrage dans la revue Population&Avenir : cliquez ici

C’est un tout petit événement dans le monde de l’édition, mais c’est une belle aventure pour deux géothécaires : Jean-Benoît et Pierre-Marie sont heureux de vous annoncer la naissance du Bouron/Georges*, fruit de la rencontre de leurs regards et de leurs connaissances sur les territoires ruraux français. Bref, nous sommes contents !

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Jean-Benoît BOURON et Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., N°9782340006379, 2015. parution le 8 septembre 2015, 29.00€

Le livre est publié aux éditions Ellipses, que l’on remercie d’une part pour leur accompagnement et la confiance qu’ils nous ont accordée, en particulier Anne Lacambre, d’autre part pour le beau flyer promotionnel qu’ils ont préparé :

Flyer Bouron-Georges – Les territoires ruraux en France

Aussi, si le visuel de couverture ne suffit pas à vous convaincre de courir l’acheter chez votre libraire préféré, ou ici, ici, ici, ici, ici ou ici…, le descriptif de la 4ème de couverture aide à préciser les contours de l’ouvrage :

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Fonds de carte de la région Auvergne-Rhône-Alpes

région-auvergne-rhône-alpes region auvergne rhone alpes carte muette

Ces deux documents sont appelés à être modifiés dans l’avenir, mais il a paru utile de les publier dès aujourd’hui pour répondre à l’insoutenable dilemme des Auvergnalpins en recherche de fonds de carte pour colorier les 13 départements de leur nouvelle grande région. Le suspense reste entier concernant les noms, tant de notre région que de ses voisines. Allons-nous succomber à la manie des sigles et visiter la place des Quinconces en ALPC et celle du capitole en LRMP ? Allons nous jouer au jeu des acronymes et visiter le Futuroscope en région Alicha, ou le salon littéraire de Lodève en Mipilarou ? Une chose est sûre, en attendant que Clermont-en-Bresse devienne le chef lieu de la Drôme-et-Loire, les cartographes vont continuer à avoir du pain sur la planche. Les professeurs des classes de 3e, pour l’instant, peuvent garder leurs fonds de cartes hérités de la loi Defferre, le Diplôme National du Brevet 2016 conserve l’ancienne carte des régions, en attendant d’y voir plus clair.

Carte : l’habitation coloniale Bois-Debout en Guadeloupe

L’illustration ci-dessous est la version couleurs d’une image publiée dans JB Bouron, PM Georges, Les territoires ruraux en France, Ellipses, 2015, à paraître le 8 septembre 2015.
L'habitation Bois-Debout à Capesterre (Guadeloupe)

L’habitation coloniale n’est pas seulement le bâtiment hérité de la période coloniale, mais aussi et surtout une exploitation agricole fondée sur l’esclavage. Elle est donc à la fois une forme de bâti, un système agraire esclavagiste, et aujourd’hui une structure d’exploitation héritée. La maison des maîtres est généralement placée sur une petite hauteur en retrait du littoral de manière à éviter les tempêtes littorales, à profiter d’un air plus frais, et sert probablement à garder un point de vue panoramique sur des cultures atteignant une certaine hauteur comme la canne à sucre. La canne, en de nombreuses parties des Antilles, a aujourd’hui laissé la place à la banane. Mais de plus en plus souvent, elle est réintroduite en rotation, tant on sait que le bananier est une culture fragilisante pour l’équilibre des sols, notamment en monoculture intensive.

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La filière pomme de terre en France

Une image, pour teaser (pardon, il faut dire aguicher, pour respecter les recommandations officielles de la Commission de terminologie et de néologie)(1) la parution prochaine d’un ouvrage publié par deux membres de la Géothèque(2). Une carte des patates, pour faire court.

Production pommes de terre France

La pomme de terre est restée inconnue des Européens jusqu’à la découverte du continent américain et son exploration à partir du XVIe siècle. Sa rusticité, son rendement élevé et sa capacité à se développer dans des conditions climatiques et édaphiques extrêmes en avaient fait la base de l’alimentation des peuples andins. La pomme de terre fut rapidement adoptée par les habitants du vieux continents pour lesquels elle représentait une arme efficace contre les famines récurrentes. Elle devint pratiquement le légume national de l’Irlande, et les Français, quoique fort réticents jusqu’aux manœuvres astucieuses du baron Parmentier, finirent par chercher tous les moyens de l’accommoder. Ils lui choisirent un autre nom que celui de patate (en espagnol, italien, anglais, etc.) et la baptisèrent « pomme de terre », « pomme » signifiant « fruit ». La pomme de terre reste encore la base de l’alimentation dans de nombreux pays du monde et l’ONU a déclaré l’année 2008 année internationale de la pomme de terre en raisons des services rendus par ce tubercule.

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Des AOC à la carte : cartographier les appellations d’origine contrôlée

Cet article propose un jeu de 4 cartes sur les AOC/AOP françaises. Il s’agit ici de revenir sur la genèse de ces cartes. Pour un commentaire plus complet et problématisé sur la place des AOC et des produits de terroir dans la dynamique des espaces ruraux, nous renvoyons le lecteur vers le Bouron-Georges*, dont la publication prochaine permettra de retrouver deux des cartes présentées ici.

* Jean-Benoît BOURON & Pierre-Marie GEORGES, Les territoires ruraux en France, une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, Paris, 454 p., 2015. (disponible à partir du 8 septembre 2015).

CaptureAOC

À l’heure de l’open-data et de la profusion de productions (carto)graphiques qui l’accompagnent, l’adage qui veut que « faire une carte, c’est faire des choix » passe parfois au second plan. Pourtant, derrière l’apparente simplicité de l’usage de l’outil cartographique, apprendre à analyser les informations que l’auteur a choisi de représenter (ou choisi d’omettre) est un enjeu tout aussi important que le résultat cartographique en lui-même.

Pour prendre du recul sur une carte, on examine généralement le système de projection utilisé, on caractérise les échelles employées, on étudie la sémiologie adoptée (les couleurs, les trames, les symboles et les figurés), on scrute les délimitations, on décompose la légende, et bien entendu on porte une attention toute particulière à la ou les sources mobilisées. Ceci est le point de départ de toute analyse critique d’un document cartographique. Pourtant ce réflexe du géographe est loin d’être automatique ; et alors que la nécessaire éducation à l’image animée commence à s’imposer comme réflexe éducatif, il semble tout aussi essentiel en info-cartographie d’exercer les lecteurs à comprendre ce qui est représenté, avant de comprendre la représentation.

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It follows : horreur géographique

 

HORREUR GÉOGRAPHIQUE

It follows-Detroit

Dans It follows sorti en 2015 sur les écrans français et qui a fait sensation auprès des amateurs de films d’épuvante ou d’horreur, le scénariste et réalisateur David Robert Mitchell nous parle d’une certaine actualité puisqu’en choisissant Détroit comme décor (lui vient de Clawson dans la banlieue nord de la ville), il fait de Motor City le catalyseur de toutes les contaminations possibles d’une réalité socio-économique : par les différentes allées et venues effectuées des quartiers bourgeois et préservés de la crise (au moins en apparence) vers ces enfilades de pavillons fantômes, il n’est pas difficile de penser à la contamination par la misère dans un premier temps et à celle opérée ensuite (grâce à l’emprise nouvelle d’un ou deux milliardaires) par la reprise économique. La lente mais sûre ruine immobilière a traduit morphologiquement toute la décrépitude économique d’une métropole en crise depuis des décennies et qui a finalement été déclarée en faillite en 2013. Les maisons abandonnées aux façades inquiétantes, parfois même éventrées depuis le temps, ont-elles appartenu à ces spectres terrifiants qui dans le film cheminent solitaires et lents vers leurs victimes ? Qui sont ces ombres tant redoutées par Jay (Maika Monroe) et ses amis ? Des chômeurs, des endettées, des nécessiteux délaissés ? Ces quartiers que certains citoyens aujourd’hui ne veulent plus voir et qu’ils démontent maison après maison, planche par planche sont à la marge. Une des filles dans It follows évoque même l’idée d’une frontière établie entre les quartiers bourgeois et les banlieues pauvres, entre le centre-ville et la périphérie, le centre commercial indiquant la limite que ses parents, petite, lui interdisait de franchir (« Je me disais que c’était vraiment dégueulasse et tordu »).

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Mondes arctiques, fond de carte muet

L’Arctique est au programme d’histoire-géographie de la classe de 2nde. Les mondes arctiques sont au centre de plusieurs enjeux. Cette notion d’enjeu est difficile à comprendre pour les élèves, alors qu’elle est mobilisée de façon permanente par les discours scientifiques, dans les manuels, et les documents. Il s’agit tout simplement d’analyser ce qui est « en jeu » : ce qu’il y a à gagner et ce qu’il y a à perdre. Analyser les enjeux c’est analyser les perdants et les gagnants (les peuples premiers ? Les entreprises pétrolières et de transport ?) et ce qu’il y a à gagner ou à perdre collectivement pour l’humanité, c’est-à-dire les défis à relever, économiques, sociaux, et environnementaux. L’Arctique est une bonne clé pour comprendre le principe du développement durable (penser global, agir local) et pour montrer que les impacts du réchauffement climatique ne sont pas négatifs pour tout le monde. Ce chapitre offre un bon entraînement au croquis de synthèse du baccalauréat parce qu’il est le seul du programme à ne pas porter sur l’échelle mondiale, difficile à mettre en cartes. Avec l’Arctique au contraire, la relative unité de lieu facilite les typologies, et cela permet également de se familiariser avec une projection polaire. Pour croquis de synthèse classe de 2nde

Document libre de droit pour tout usage pédagogique non commercial. Toute reproduction sur internet doit s’accompagner d’une citation de la source avec lien vers la Géothèque.

Carte : la France à grande vitesse

Depuis la première version de cette carte en 2008, la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Dijon-Mulhouse a été achevée sur une grande partie de son tracé. La France des LGV est une France est inégalités et de l’effet-tunnel. Rares sont les métropoles dotées de la LGV, et l’axe central Nord-Sud relie les quatre premières unités urbaines du pays : Lille, Paris, Lyon et Marseille. Si des villes moyennes comme Le Mans, Reims, Tours ou Valence ont profité d’un « effet TGV » et des fameux navetteurs qui s’installent dans ces villes pour travailler dans des métropoles lointaines, d’autres grandes villes comme Bordeaux, Toulouse et Nice sont encore à l’écart de la France à grande vitesse. Dans ces trois villes, c’est l’aéroport qui assure une liaison rapide avec la capitale. La ligne Tours-Bordeaux est prévue pour 2017. Ailleurs, c’est l’effet tunnel qui domine : la ligne TGV crée une coupure dans les territoires locaux sans participer à leur dynamisme, en particulier dans le cas de gares construites en rase campagne comme la « gare des betteraves » en Picardie.

Comme dans tous les réseaux viaires construits en France, c’est le plan en étoile qui est mis en œuvre : la seule liaison transversale prévue est la ligne Bordeaux-Toulouse-Montpellier, qui est loin de voir le jour. C’était le plan adopté lors de la construction du premier réseau ferré français (plan Legrand) et celui des premières autoroutes. La France ferroviaire compte encore d’importants angles morts, équipés en lignes classiques non-électrifiés ; ce sont les blancs de la carte : la Basse-Normandie, les plateaux lorrains et les Vosges, le Massif central et les Alpes du Sud.

Carte des LGV TGV

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Etonnantes superficies

Il est difficile de trouver un titre accrocheur pour une image portant sur la superficie de quelques circonscriptions administratives. Et pourtant, ces faits peuvent surprendre. On sait souvent qu’Arles est la plus grande commune de France métropolitaine, parce qu’elle comprend une grande partie de la Camargue, mais on oublie parfois que c’est Maripasoula qui détient le record absolu du territoire français. Cette commune de Guyane comprend une grande partie du principal massif forestier français : la Forêt amazonienne. Ses 7500 habitants lui donnent une densité exceptionnellement faible de 0,41 habitants par kilomètre carré. Si Arles est plus grand qu’un petit département comme le Territoire de Belfort, Maripasoula est plus grande qu’une région française comme la Corse ou le Limousin. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles cette dernière est vouée à la disparition, ou plutôt à la fusion, dans le courant de l’année 2015. Cette comparaison a aussi une vocation pédagogique : elle permet de se représenter plus facilement les superficies. On sait que les héros des romans de Zola ou Maupassant traversent Paris à pied ; les touristes d’aujourd’hui savent qu’il faut de bonnes chaussures : 10 kilomètres séparent la Porte Maillot et la Porte de Vincennes. Pour sillonner Arles, il est préférable de chevaucher l’un de ces chevaux blancs qui font la renommée du pays. C’est d’ailleurs le cheval qui a servi d’étalon (pardon) pour déterminer la taille des départements français. Ils ont été pensés, selon la vulgate, pour permettre aux citoyens d’accéder au chef-lieu depuis n’importe quelle localité en une journée de cheval. Cette règle a été peu ou prou respectée malgré quelques exceptions, et cela place aujourd’hui la préfecture à un peu plus d’une heure d’automobile des points les plus éloignés du département. Pour circuler à Maripasoula en revanche, la voiture ne sera que peu d’utilité puisqu’il n’y a pas d’autre voie terrestre pour s’y rendre que la piste qui la relie à sa voisine Papaichton (source Wikipédia). La commune est dotée d’un aérodrome et des liaisons sont assurées par Air Guyane vers Cayenne, Saint Laurent du Maroni, Grand Santi et Saül. La pirogue en revanche peut s’avérer utile pour circuler sur la Lawa, un affluent du Maroni, et même se rendre sur l’autre rive, au Suriname. Finalement, on peut rêver d’aventures, de frontières lointaines et de forêts luxuriantes, à partir d’une comparaison des superficies de quelques circonscriptions administratives.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l'Aube, Arles et Paris.

Comparaison des superficies de plusieurs circonscriptions administratives : Maripasoula, le Limousin, l’Aube, Arles et Paris.

PS : les suiveurs de la Géothèque sur Facebook avaient eu un avant goût de cette image, elle a été mise à jour depuis.

Ville et développement durable à Nairobi

Le Parc National de Nairobi. A l'arrière, la skyline du CBD. Photographie Le Monde / Phil Moore

Le Parc National de Nairobi. A l’arrière, la skyline du CBD. Photographie Phil Moore / Le Monde

Un récent article d’Audrey Garric, paru dans Le Monde, offre un bon exemple de conflit d’usage pour un espace protégé. Il s’inscrit au cœur des problématiques étudiées en histoire-géographie en classe de 2nde. Un conflit d’usage est, en géographie, une tension entre plusieurs acteurs spatiaux qui cherchent à utiliser la même ressource ou le même espace, ces utilisations étant contradictoires. Ici, l’existence d’un Parc National protégé aux portes d’une ville, est fragilisée à la fois par les pollutions d’origine urbaine et par la pression urbaine. L’habitat informel, l’autre nom des bidonvilles (slums en anglais), autoconstruit et par définition illégal, tend à se développer dans les interstices et les marges urbaines. La progression de l’habitat informel ne touche pas le parc, mais réduit l’espace disponible autour de la ville : la zone protégée est de plus en plus considérée comme une réserve foncière. Les autorités kényanes ont déjà autorisé la construction d’infrastructures routières et ferroviaires à l’intérieur des limites du parc.

L’article d’Audrey Garric illustre les enjeux du développement durable dans les villes du Sud. La rapidité de l’urbanisation (Nairobi, 3 millions d’habitants en 2009, a été fondée en 1899) entraîne une forte artificialisation des surfaces agricoles (ici plutôt pastorales) et naturelles. Il s’agit aussi d’une urbanisation de très faible densité à l’exception du CBD (dont la disposition conforme ici au modèle théorique de la ville africaine tel qu’on l’enseignait il y a dix ans, ci-dessous). Lire la suite

Les territoires ultra-marins français : ressources pour la classe

Mise à jour des planisphères de l’Outre-Mer français.

planisphère des territoires ultra-marins français

planisphère des territoires ultra-marins français (outre-mer) noir et blanc

planisphère des territoires ultra-marins français (outre-mer) muet

Après la fin des DOM TOM, des statuts juridiques variés et complexes.

D’un point de vue européen, ces territoires sont des RUP (Régions Ultra-Périphériques) ou des PTOM (Pays et Territoires d’Outre Mer). Mais la République Française, après des siècles de colonialisme et de centralisme, a tardivement cédé à ses territoires ultramarins l’autonomie relative qu’ils ont aujourd’hui. Le demi-siècle de décolonisation qui vient de s’achever a maintenu sous souveraineté française de nombreux territoires caractérisés par une très grande variétés de situation et de rapport à la métropole, et donc une variété de statuts juridiques. Trois voies se distinguent : certains territoires obtiennent plus d’intégration au sein de la République, tout en bénéficiant de la décentralisation des compétences de L’État vers les Collectivités : ce sont les DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer). Mayotte en est un exemple puisque après avoir refusé de suivre les Comores vers l’indépendance, elle a obtenu la départementalisation. D’autres collectivités ont obtenu une large autonomie, et sans être souveraines, elles peuvent appliquer la coutume locale dans certains domaine au lieu du droit français. Il s’agit des COM (Collectivités d’Outre-Mer) par exemple de la Polynésie Française. Enfin, la troisième voie, qui est celle de l’hésitation entre l’autonomie et l’indépendance, est incarnée par la Nouvelle Calédonie. Le processus d’indépendance, en cours, est entre les mains de sa population.

Voir aussi notre carte de l’Europe et ses RUP

Cartes du site de la Confluence à Lyon

ConfluenceConfluence en 1914Ces deux cartes, réalisées à la demande d’un professeur de collège, pourront par exemple dépanner des enseignants souhaitant travailler avec leurs élèves sur le site de la Confluence à Lyon.

La juxtaposition avec la carte de 1914 montre bien le basculement qui s’est opéré en un siècle (un pas de temps un peu long pour l’analyse des faits urbains mais j’ai été un peu contraint par la documentation). La Confluence de 1914 est l’espace de la relégation urbaine, on peut parler d’exurbanisation pour ce phénomène consistant à reléguer sur les marges urbaines les structures consommatrices d’espaces (gare, arsenal) ou productrices de nuisances (prison, usine à gaz), et souvent les deux. C’est aussi bien sûr l’espace de la relégation sociale (prolétaires, détenus), et pour beaucoup le quartier de Perrache évoque encore aujourd’hui une prostitution mal cachée. En 2014 à l’inverse la dynamique est celle de la création d’une nouvelle centralité et ce terme revient souvent dans les documents produits par les acteurs publics et privés. La séparation nette des usages a fait son temps et l’enjeu n’est plus de produire de l’urbain mais de créer de la ville, c’est à dire un espace de mixité et de densité. Le vert étant à l’ordre du jour, cela ne va pas sans la création de nombreux parcs urbains. On voit en effet que la confluence n’est plus une marge urbaine, le bâti a gagné du terrain partout autour. Enfin, le siècle écoulé a été celui d’une transition économique entre une France vouée à l’industrie, et aujourd’hui le rôle prépondérant accordé aux fonctions commerciales, culturelles et de loisirs.

Le développement durable, en tant qu’objectif, est également présent sur la carte de 2014, avec ses trois piliers (social, environnemental et économique), mais également dans une dimension plus actuelle intégrant un quatrième pilier culturel.

Voici les versions Noir et Blanc pour photocopies :

Confluence1914-NBConfluence-NB

Montreuil, « Carnet in situ » de Mehdi Zannad

Les artistes qui s’intéressent à la ville aujourd’hui sont légion. Qu’ils la prennent pour sujet (Dreamworld de Léo Fabrizio si l’on veut en citer un dont le travail nous a récemment séduit) ou bien pour support (graffitis, collages, stencil ou yarn bombing : Banksy, Invader, Miss.Tic… et une myriade de plus). A propos de la ville sujet et support (Los Angeles), on reverra également avec intérêt Mur Murs d’Agnès Varda (1981).

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Mehdi Zannad lui aussi prend la ville comme sujet et, d’une certaine façon, tout autant comme support. Il ne fait pas du graphe à Lyon ou à Toulouse, ni ne filme séduit et curieux une métropole américaine ou une mégapole asiatique. Debout dans un coin de rue de Montreuil, quelque part en bord de route, il dessine la ville sur un petit carnet qu’il remplit. Selon ce qu’il écrit dans « sa règle », lui en tant que personne intègre même le paysage. Littéralement. Le temps du croquis, le temps long de sa pose (une, deux, trois heures ou plus ?), il est aussi figé que du mobilier urbain : « Le corps devient présence, s’enracine, relie le spectacle de la rue à sa projection sur la feuille ». D’ailleurs il précise que son « street art est contemplatif et solitaire ». Un urban sketcher qui réfléchit à sa condition.

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La démocratie participative en une image

democratie participative

Résultat du vote sur le budget participatif de Paris publié sur Facebook par Anne Hidalgo, saisie d’écran, septembre 2014.

Les programmes d’histoire-géographie et d’éducation civique incitent à s’intéresser à la démocratie locale et à ses nouvelles formes d’expression. Les documents proposés par les manuels scolaires sont parfois peu satisfaisants. Cette image m’a intéressé car elle montre deux aspects de la démocratie participative, emboîtés : la participation directe des citoyens à la prise de décision, et la communication directe des élus par les réseaux sociaux. Lire la suite

Les collectivités territoriales à l’heure des réformes

NB : Le sujet étant complexe et l’erreur étant humaine, si vous êtes un(e) spécialiste et que vous repérez une erreur ou une imprécision, n’hésitez pas à nous contacter pour nous le faire savoir !

Pendant des décennies, enseigner les collectivités territoriales hexagonales était simple : l’État jacobin concédait des compétences territoriales selon trois échelles allant du local au régional : trente-six mille communes, quatre-vingt-seize départements, et vingt-deux régions. Mais en réalité, les complications ne sont pas nouvelles. Les départements révolutionnaires ont été redécoupés (par exemple, le Rhône et Loire). Certains ont été ajoutés (le Territoire de Belfort…). En 1964, au mépris de la numérotation et au grand dam de nos grands-mères-qui-avaient-appris-leurs-départements, la Seine et la Seine-et-Oise ont été charcutées pour donner naissance aux célèbres 75, 78, 91, 92, 93, 94 et 95. Les régions, créées sous la IVe République, ont donné lieu à des découpages variés avant que la loi Defferre les érigeât en collectivités à part entière en 1982. (On se souvient du référendum sur la décentralisation en 1969, dont le rejet aboutit à la démission de De Gaulle et retarda la réforme.) A la même date, la Corse obtint un statut particulier qui la dota d’une assemblée élue au suffrage universel. Les 22 régions sont aujourd’hui jugées trop petites, pas par rapport à leurs homologues allemands comme on le dit parfois (certains länder sont minuscules) mais par rapport à une moyenne européenne. Il est prévu d’en faire fusionner certaines pour aboutir au chiffre de 13 régions, toujours en métropole. Lire la suite

Inside the Middle East, s’informer autrement sur le Moyen-Orient

Bonjour à tous, bonne rentrée à ceux qui reprennent, bonnes vacances à ceux qui repartent !

Un billet rapide pour évoquer ce journal en ligne réaliser par Sylvain Kahn, célèbre parmi les géographes pour animer une excellente émission sur France Culture intitulée Planète Terre. A écouter, toujours à 14h le mercredi mais désormais pour une heure entière.

Inside the Middle East ne se veut ni exhaustif, ni parfait mais cela reste intéressant pour ce que c’est : le point de vue d’un géographe sur une actualité complexe. Les nouveaux supports permettent aussi de nouvelles façon de s’informer, ce flipboard en est un exemple à mi-chemin entre le journal électronique et la revue de presse.

Accéder au journal en ligne