La violence religieuse dans le monde

COMMENTAIRE

Les religions, facteurs de conflits

Cette carte a été inspirée par la lecture de l’essai de Christopher Hitchens, Dieu n’est pas grand, comment la religion empoisonne tout. Il ne s’agit en aucun cas ici de remettre en cause les croyances ou les systèmes de pensée de telle ou telle communauté, mais de cartographier quelques conséquences du fanatisme en tant que fait de société. Cette carte répond à un enjeu proprement contemporain, dont on peut saisir toute l’acuité en lisant la presse quotidienne. Le fanatisme, motif principal ou secondaire de nombreux conflits, apparaît également comme l’un des principaux obstacles au progrès et aux droits de l’homme.

Je tiens à préciser que je ne prétends pas à l’exhaustivité, ni même à l’exactitude, aussi je suis particulièrement interessé par quiconque souhaiterait formuler une critique, ou une précision, par rapport à cette carte.

Explication de la légende

La première partie de la légende reprend largement la carte parue dans l’Atlas du XXIe siècle dirigé par Yves Lacoste, Nathan 2008. Il s’agit de la répartion, simplifiée et lissée, des principales religions. Le mode de représentation par applat de couleurs pose évidemment le problème des lignes de transition. Dans plusieurs cas, il aurait fallu une transition moins marquée entre deux sphères religieuses.

La seconde partie de la légende correspond à une compilation d’informations de provenance très diverses (presse, sites internet, ouvrages). Une typologie rapide présente les différents degrés de violence religieuse par Etat. Le plus haut niveau correspond aux Etats appliquant strictement la loi islamique (reposant sur une interprétation fondamentaliste et largement erronée du Coran), dans lesquelles les libertés individuelles élementaires ne sont pas garanties, le droit des femmes inexistant, et le blasphème puni de mort.

Le second degré rassemble des Etats assez différents où la religion joue un rôle important, et où règne une intolérance marquée à l’égard des minorités religieuses. Le retour à une orthodoxie obtuse dans la Russie de Poutine explique qu’elle appartienne à ce groupe. On y trouve également l’Inde, dont plusieurs Etats sont le théâtre d’affrontements religieux violents (entre Indous extrêmistes, musulmans, chrétiens …).

Enfin, un groupe plus vaste comprend les pays dans lesquels la religion pèse encore de tout son poids sur la société. Elle peut mettre en danger l’enseignement (Etats centraux des Etats-Unis) ou la santé des individus (c’est le cas avec le rôle actif de l’Eglise catholique dans la diffusion de l’épidémie de SIDA en Afrique). Elle peut également peser dans la décision politique pour ralentir le progrès des libertés individuelles (avortement en Irlande, homosexualité en Pologne ou au Maroc)

La troisième colonne reprend des exemples isolés de conflits ou d’actes violents perpétrés au nom de la religion. La plupart du temps, la religion n’est qu’une composante d’une tension internationale ou d’une guerre civile (par exemple en Ex-Yougoslavie dans les années 1990). Il demeure que le 11 septembre 2001 a révélé au monde l’émergence des fanatismes et leur capacité à frapper partout dans le monde. Enfin, il faut impérativement souligner que le fanatisme n’est pas le seul fait de l’Islam, mais concerne toutes les grandes religions, ainsi que de nombreuses sectes de taille plus réduite. Il serait intéressant de cartographier les suicides collectifs commis par ces sectes.