Carte des régimes politiques dans le monde

COMMENTAIRE

Sources de la carte

Cette carte a été réalisée à partir d’une grande variété de sources dont les principales sont les suivantes. Aventure du Bout du monde est une association proposant un tourisme compatible avec le développement durable. Son site internet propose une liste des pays classés par ordre décroissant de respect de la démocratie et des droits de l’homme, à partir de plusieurs indicateurs. Revoltes.org publie une liste des pays appliquant encore la peine de mort et ceux qui l’ont abolie, notamment à partir des rapports d’Amnesty International. The Economist a proposé un indice de démocratie, en fonction duquel les pays sont classés ; ce classement est repris sur une page de l’encyclopédie en ligne Wikipedia.fr.

Explication de la typologie

Les démocraties fonctionnant normalement sont celles dans lesquelles tous les principes démocratiques sont respectés, où la peine de mort est abolie, et qui sont classées dans les 15 premières places du classement de The Economist.

Le second figuré (vert clair) concerne les pays pour lesquels il n’y aucun doute sur la nature du régime : il s’agit de démocraties. Cependant, ces pays doivent améliorer certains points pour correspondre parfaitement à la démocratie telle qu’elle a été définie par les philosophes et les théoriciens de la politique. Ces limites peuvent être la remise en cause des libertés individuelles et le maintien (ou retour) de la peine de mort (Etats-Unis), le manque d’alternance (Japon), la concentration des médias et leur collusion avec le pouvoir (Italie, France). De nombreux pays du Sud ont été classés dans cette catégorie alors que la démocratie peut y connaître des dysfonctionnements plus importants, avec un contexte violent pouvant parfois peser sur les élections (Inde, Colombie).

Les régimes démocratiques présentant de fortes irrégularités sont ceux dans lesquels le déroulement de la vie démocratique ne permet pas d’affirmer que les dirigeants sont réellement l’émanation de la souveraineté populaire. Le cas le plus fréquent est celui d’intimidation voire d’élimination des opposants au régime (Russie), ou de corruption généralisée entraînant un fort clientélisme. Dans des Etats comme le Vénézuela ou Madagascar, la dérive du pouvoir personnel est telle qu’on peut difficilement parler de démocratie. En Turquie et au Pakistan, la montée du fanatisme religieux n’est endiguée que par un très fort contrôle de l’armée sur le pouvoir (ce contrôle étant constitutionnel dans un pays laïc comme la Turquie)

Dans les Etats figurés en orange clair les élections ont lieu régulièrement, mais dans un contexte tel qu’il est impossible de parler d’un réel débat démocratique. Les électeurs subissent de fortes pressions, les bureaux de vote sont contrôlés par les armes dans certaines régions. Ce sont les « démocraties ratées » du Moyen-Orient (Irak, Afghanistan), dans lesquels les élections occasionnent une recrudescence de la violence. Le clientélisme et la corruption sont très forts également. On trouve dans cette catégorie des pays africains en proie à de violents troubles internes (Nigeria, Ethiopie …)

De nombreuses dictatures entretiennent un simulacre de démocratie. Des élections ont lieu mais le pouvoir contrôle leur déroulement au point que le résultat est sans surprise. Les libertés individuelles ne sont pas respectées et l’opinion politique d’un individu peut être une cause d’emprisonnement. Il s’agit d’Etats comme l’Algérie, l’Iran ou le Kazakhstan. Le président de la Biélorussie, Loukachenko, avoue franchement au quotidien russe Izvestia qu’il a lui même abaissé le résultat de son élection triomphante, trop élevé pour être crédible (Libération, 29/08/09).

Enfin, il reste encore dans le monde de nombreuses dictatures, où la répression est violente et les droits de l’homme continuellement bafoués. Régimes communistes (Chine, Corée du Nord), ou contrôlés par un ou plusieurs militaires (Birmanie/Myanmar, Libye), il en existe une version plus folklorique, les monarchies absolues. Certaines sont moins répressives que d’autres (Maroc, Thaïlande), la monarchie wahhabite (Arabie Saoudite) et les émirats du Golfe Persique appliquent la loi islamique avec intransigeance.