Voir une ville fortifiée par Vauban : Neuf Brisach

Neuf Brisach fait partie des douze sites inscrits dans le Réseau des sites majeurs Vauban créé en 2005, et classé sur la liste du patrimoine de l’humanité de l’Unesco. Il s’agit de l’un des projets les plus aboutis de Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, ingénieur militaire et ministre de Louis XIV. La ville, fondée en 1697, se surimpose à la trame agricole préexistante. En effet, comme son nom l’indique, il s’agissait alors d’une création ex-nihilo destinée à compenser la perte du Vieux-Brisach, aujourd’hui Breisach am Rhein en Bade-Wurtemberg, situé juste de l’autre côté du Rhin devenu frontière. L’image laisse très bien voir le plan d’une ville nouvelle néoclassique, avec la place d’arme au centre d’une trame viaire orthogonale. La forme générale est celle d’un octogone entouré par plusieurs lignes de fortifications alternant remparts, fossés et glacis. Leur forme caractéristique permet aux défenseurs de pouvoir atteindre n’importe quel attaquant sans angle mort, tout en offrant peu de prise à l’artillerie. La couleur rose dominante et visible sur l’image est celle du grès rose descendu des Vosges jusqu’à la plaine du Rhin, un fossé d’effondrement tectonique.

Neuf-Brisach – Haut-Rhin – Coordonnées géographiques : 48° 01′ 08″ nord,7° 31′ 45″ est – Source : Géoportail (tous droits réservés)

Voir un site de confluence en fond d’estuaire : l’Entre-deux-Mers

Le nom même de ce site, l’Entre-deux-Mers, témoigne bien de l’imbrication des éléments fluviaux et maritimes, là où confluent deux cours d’eau majeurs à l’échelle française, la Garonne qui vient du sud et la Dordogne venue de l’est. La particularité de cet estuaire est de posséder son propre nom, la Gironde, comme pour affirmer l’égalité des deux cours d’eau avant qu’ils ne se jettent dans l’Atlantique. Le site de confluence est un site contraignant par sa difficulté d’accès : il s’agit d’une presqu’île qu’on ne peut atteindre à pied sec que par un côté. C’est aussi une zone humide constitué de sédiments gorgés d’eaux, comme l’ont appris à leur dépens les constructeurs du musée des Confluences à Lyon. Ces contraintes ne découragent pas les convoitises et le site a attiré les activités liées à l’industrie pétrolière et gazière, qui profitent de la proximité avec l’approvisionnement par voie maritime. Le pétrole est en partie raffiné et en partie transformé en électricité par une centrale thermique.

On devine bien également les activités agricoles, l’agriculture sur les parcelles les mieux drainées et l’élevage sur les prairies humides ceintes par des haies, tandis que la viticulture est présente sur les pentes les mieux drainées, sur les terrasses surplombant le lit du fleuve, dans la partie sud-ouest de la carte.

Entre-deux-Mers – Gironde – Coordonnées géographiques : 45° 00′ 44″ nord, 0° 31′ 45″ ouest – Source : Géoportail (tous droits réservés)

Voir une côte viticole renommée

La photographie aérienne révèle une ligne de faille, matérialisée dans le paysage par un talus marqué qui sépare un plateau, à l’ouest, et la plaine de la Saône, à l’est. Le recul de l’agriculture et l’élevage sur les hauteurs a entraîné l’extension des surfaces forestières. Les grandes cultures, elles, continuent de dominer la plaine, à l’exception de la zone de contact au centre de l’image dans laquelle se déploient les vignobles renommés de Bourgogne. La route qui traverse le centre de l’image du nord au sud a été baptisée la route des Grands Crus, et elle sillonne des villages dont les noms sont mondialement connus : Vosne-Romanée au Sud, Vougeot au centre-nord, et en quittant la route vers le nord-ouest, Chambolle-Musigny. La Romanée est la plus petite AOC viticole française avec 85 ares qui produisent seulement 4 000 bouteilles par an. Pour les plus pressés, l’autoroute A31, visible sur la droite de la photographie, relie Beaune à Dijon puis à l’Europe du Nord.

Vougeot et Vosne-Romanée – Côte-d’Or – Coordonnées géographiques : 47.16553 , 4.953632 – Source : Géoportail (tous droits réservés)

Combien d’humains ont vécu sur Terre au total ?

Si tous les humains ressuscitaient, les humains d’aujourd’hui seraient-ils dispersés au milieu d’une foule d’hommes préhistoriques ?

Le chiffre total d’êtres humains à s’être succédé sur la Terre n’est pas très intéressant, en raison d’une mortalité infantile très élevée jusqu’aux périodes récentes. Nous avons donc cherché à savoir, plus précisément, le nombre d’êtres humains ayant dépassé l’âge de cinq ans, depuis les premiers hominidés.

Les données nécessaires sont : la population humaine totale à plusieurs dates, la mortalité infantile (avant 1 an) et juvénile (avant 5 ans), ainsi que l’espérance de vie adulte, à ces mêmes dates. Cela permet de calculer le nombre de générations à s’être succédé sur terre depuis l’aube de l’humanité.1Bon, alors autant vous dire qu’on ne va pas trancher ici le débat sur la date à laquelle les primates deviennent des humains. Sans aller jusqu’à Toumaï qui serait le premier hominidé (7 millions d’années BP), nous sommes remontés à -1,5 millions d’années. Si la recherche scientifique permet d’avoir une idée assez précise de ces chiffres depuis le Néolithique, il est beaucoup plus d’obtenir des données pour les périodes précédentes. On sait seulement que la population humaine est très peu nombreuse : Jean-Pierre Bocquet-Appel et al. 2http://www.evolhum.cnrs.fr/bocquet/jas2005.pdf ont calculé que la population européenne à l’Aurignacien (39 à 28 000 ans BP) était comprise entre 1 000 et 30 000 individus. En extrapolant et en considérant que l’Europe, aux périodes glaciaires, n’est pas le continent le plus peuplé, on obtient une population mondiale de 50 à 100 000 individus au plus, avec une augmentation presque nulle pendant des centaines de milliers d’années. On sait également que l’espérance de vie est très basse (environ 13 ans), en raison de la mortalité infantile. En supposant une mortalité infantile légèrement supérieure à celle calculée par les ethnologues pour des sociétés de chasseurs-cueilleurs les plus isolées rencontrées au début du XXe siècle, on obtient un chiffre de 6/10 (quatre enfants sur dix dépassent l’âge de 1 an). En raison de la durée de la période allant d’Homo erectus au Néolithique, la marge d’erreur est importante. Mais le très faible nombre d’hommes à ces périodes permet de calculer que même avec la plus grande marge d’erreur, on ne peut que doubler le résultat final du nombre d’humains.

Voici les résultats :

L’estimation haute aboutit à 66 milliards d’êtres humains ayant jamais vécu sur terre depuis Homo erectus, dont 18 milliards ont dépassé l’âge de 5 ans. La médiane se situe autour de l’an mille : autant d’humains adultes ont vécu avant cette date qu’après. Les humains actuels (enfants compris) représentent donc un dixième du total de l’humanité depuis ses origines.

Les Hommes « adultes » (dans nos calculs, âgés de plus de 5 ans) du Paléolithique représentent entre 5,1 % et 11,2 % de l’humanité adulte, ceux du Néolithique autour de 6 %. Par ailleurs, 15 % des humains adultes ont vécu avant 1 000 avant Jésus-Christ, alors que 22 % de l’humanité a vécu après la 2nde guerre mondiale. Notre lecteur, s’il a plus de 5 ans, représente 0,00000000151 % de l’humanité ayant dépassé cet âge.

Proportion des êtres humains par période :

distribution_des_tres_humains_par_priode_historique

Attention, l’échelle de temps n’est pas proportionnelle à la réalité. Les durées sont trop longues pour afficher sur la même échelle des siècles et des centaines de milliers d’années. Il n’y a donc pas de baisse de la population après le moyen-âge : la période de l’an 1 à l’an 1000 est seulement beaucoup plus longue que les périodes suivantes. Ce graphique donne seulement à voir la part d’humains ayant vécu à chaque époque indiquée.

Cumul des êtres humains par période :

cumul_des_tres_humains

Voici, pour les plus méticuleux, le détail de nos calculs :

Définitions

  • Mortalité Juvénile MJ : taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans
  • Espérance de Vie EV : durée de vie moyenne d’une population fictive qui vivrait toute son existence dans les conditions de mortalité de l’année considérée
  • Espérance de Vie des Adultes EVA : durée de vie moyenne de la poriton de cette population qui a atteint 5 ans
  • Le jeu de données est organisé consiste en Point dans le Temps (PT)
  • Pour chaque PT, les indicateurs suivant sont disponibles : année, poulation en millions, EV, EVA, MJ et proportions continentales

Mode de calcul 1 – intégration numérique

  • Linéarité entre deux PTs :
    •  Nous avons considéré que les indicateurs évoluent linéairement entre deux PTs
    • Cette approximation semble raisonnable sur les intervalles suivant : -700K – 1700, 1700-1900, 1900-1950 et 1950 à nos jours
    • La résolution des PT du jeu de données est consistante avec cette assomption
    • Dans ce contexte, l’intégration numérique par le point moyen semble adaptée
  • Pour chaque période PT 1 => PT 2
  • NEH yx = Nombre d’être humains l’année x
  • Temps Ecoulé TE = y2 – y1
  • Nombre moyen d’Etres Humains pour la période NEHP = (NEH y2 + NEH y1) / 2
  • EVA pour la période EVAP = (EVA y1 + EVA y2) / 2
  • Proportion d’Etres Humains qui deviendront Adultes pour la Période PEHAP = 1  – ( (MJ y1 + MJ y2) / 2)
  • Quantité d’Etres Humains nés sur la Période QEHP = TE * NEHP / EVAP
  • Quantité d’Etres Humains qui deviendront Adultes nés sur la Période QEHAP = TE * NEHP * PEHAP / EVP

Mode de calcul 2 – intégration de la fonction de croissance

  • Une autre méthode de cacul consiste a utiliser le modèle de croissance de population
  • Dans ce modèle, à chaque instant, la croissance de la population est proportionnel au nombre d’individus de cette population
  • NEH y1 = Ce^(r * y1) et NEH y2 = Ce^(r * y2)
  • Par intégration, QEHP = TE * (NEH y2 – NEH y1) / (ln(NEH y2) – ln(NEH y1)) / EVP

Ces deux modes de calculs s’avèrent être très similaires :

cumul_des_tres_humains_-_comparaison_des_mthodes_de_calcul


Jean-Benoît Bouron et Lucas Mouilleron

Notes   [ + ]

1. Bon, alors autant vous dire qu’on ne va pas trancher ici le débat sur la date à laquelle les primates deviennent des humains. Sans aller jusqu’à Toumaï qui serait le premier hominidé (7 millions d’années BP), nous sommes remontés à -1,5 millions d’années.
2. http://www.evolhum.cnrs.fr/bocquet/jas2005.pdf

L’Afrique, le bœuf et le chameau

Deux infographies indispensables sur l’élevage en Afrique, réalisées grâce aux données fournies par la Food and Agriculture Organization, sur son site FAOstat. On l’ignore souvent, mais l’Afrique produit une grande majorité des chameaux dans le monde, étant entendu que le dromadaire n’est autre que le chameau dit « d’Arabie » (tout le monde le sait mais il doit bien y avoir une page Wikipédia qui le confirme, je laisse nos lecteurs s’en assurer)

Afrique-bovins Lire la suite

Dater un planisphère (en s’amusant)

Comment dater un planisphère

La mode des objets issus de l’univers de l’école de la IIIe République (1870-1940) a couvert de nombreux murs de planisphères muraux aux couleurs pastels. Etalant une « vaste tache rose » sur l’Afrique Occidentale Française, tirant des câbles télégraphiques en traits fins entre les continents, ils révèlent le génie d’auteurs qui travaillaient à la main et sans avoir jamais vu une photographie de la terre vue de l’espace. Hélas, ces chefs-d’œuvre de la géographie scolaire, signés Vidal de la Blache ou Jean Brunhes, sont rarement datés. La date se doit au moins d’être discrète pour pouvoir faire durer les ventes, un peu comme les dates de péremption sur les produits alimentaires, et bien souvent elle est absente. La datation précise est un problème que connaissent tous les amateurs de cartes anciennes. Or, le site d’humour geek et scientifique XKCD a publié récemment un incroyable guide de datation des planisphères (en anglais) aussi loufoque que précis.

Ni une, ni deux, la Géothèque profite de la licence Creative Commons du document original pour en proposer une version librement adaptée en français (certaines parties sont très différentes de l’original. Cette version en A3 est pensée pour rester imprimable et lisible en A4.

 

L’Afrique, le continent des problèmes, des possibles, des défis ?

Mise à jour 7/6/16 : l’erreur de localisation du port d’Abidjan est corrigée (merci au lecteur attentif qui nous l’a signalée !)

Au programme de Terminale figure un chapitre intitulé « Le continent africain face au développement et à la mondialisation ». Dans ce cadre, les élèves doivent pouvoir réaliser un croquis sur le thème « Le continent africain » : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation ». Ce chapitre est intéressant et il oblige à une certaine gymnastique intellectuelle, qui doit montrer l’Afrique comme un continent des possibles, et tordre le cou aux idées reçues, sans tomber dans l’angélisme ou occulter les problèmes, bien réels du continent. Les deux croquis suivants sont à la disposition des professeurs et de leurs élèves, avec une version vidéo-projetable et l’autre imprimable et photocopiable à souhait.croquis Couleurs Afrique

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Plan d’Istanbul après la conquête ottomane

Constantinople

 

 

 

Sans commentaire, un plan dont la légende est à faire compléter par les élèves. Peut s’avérer utile notamment pour traiter le chapitre du programme de 2nde consacré à l’élargissement des horizons des Européens à l’époque moderne. Il s’agit du plan de Constantinople après la conquête de la ville par le sultan ottoman Mehmet II en 1453.

Les éléments manquants de la légende sont : Remparts de Théodose, églises orthodoxes, Sainte Sophie, ports, quartiers commerçants peuplés par les latins (Vénitiens, Génois…), Grand bazar, palais de Topkapi, anciennes églises orthodoxes transformées en mosquées.

L’organisation des espaces méditerranéens en France

Début 2016, la Géothèque a perdu une partie des images hébergées sur le site, une avanie a priori sans rapport avec les horribles attaques de robots-pirates qui, tels les Barbaresques d’autrefois en Méditerranée, ont perturbé l’activité du site pendant l’année 2015. C’est finalement pour nous l’occasion de présenter à nos visiteurs les plus récents, ou de rappeler au souvenir des anciens, quelques documents que les lois de la publication en ligne avaient relégués au fond du tiroir. C’est le cas de cette illustration sur les espaces méditerranéens, élaborée pour un cours sur les espaces ruraux destiné Organisation des espaces méditerranéensaux classes préparatoires BCPST (les « agro-véto », rares prépas scientifiques à avoir la chance de faire de la géographie). Le principe est de croiser les données physiques avec les formes d’occupation de l’espace traditionnelles et héritées. Le tout se veut un outil pensé pour installer, en les reliant entre eux de façon dynamique, la plupart des notions et du vocabulaire de base de l’étude des espaces méditerranéens français et européens. Lire la suite

L’épineux Sahara Occidental et les tiretés de la colère

Dans un article récent, la petite carte de localisation de la vallée d’Oukaïmeden dans le Haut-atlas marocain a fait l’objet d’une véritable autocensure de la part de la Géothèque. La frontière en tiretés qui séparait le Maroc du Sahara Occidental, par lui occupé, a été tout simplement effacée pendant le week-end. C’est l’auteur de ces lignes qui en est le responsable.

Maroc-sahara-occidentalLors de la fabrication de la carte, le tracé de cette ligne a été un geste naturel, puisqu’elle apparaît sur toutes les cartes du Maroc visibles en France, au point qu’aujourd’hui, on la voit sans la voir. Vive inquiétude de mon collègue et homonyme installé au Maroc : la question du Sahara Occidental est plus épineuse là-bas que je ne l’aurais imaginé. Inculquée très tôt par l’enseignement primaire, l’idée d’un Sahara Occidental légitimement et historiquement intégré au pays est une évidence pour les Marocains. Il semble même qu’une carte présentant la frontière du Sahara Occidental ne puisse pas passer la douane et entrer dans le royaume. Dans la mesure où cette question était sans rapport avec la publication concernée, j’ai préféré censurer le cartouche de localisation pour ne pas mettre le collègue en difficulté, et revenir ici sur ce problème.

Le Sahara occidental est conquis par l’Espagne sur le royaume du Maroc en 1884 Lire la suite

Le mot du président

Chers lecteurs, chers ami-e-s de la géographie, chers curieux et curieuses,

L’association La Géothèque fêtera ses 5 ans en septembre prochain. Je vais vous épargner les analogies habituelles en ces circonstances (les premiers pas de la Géothèque, ses premiers mots, sa première fessée déculottée quand des pirates ont mis le site à sac, etc.) mais je félicite chacun des fondateurs, chacun des membres, chacun de ceux qui nous rendent visite régulièrement ou qui parlent de nous autour d’eux, d’avoir permis à la Géothèque d’être toujours debout en 2016.
Si la face visible de l’iceberg est un site internet (pas toujours) régulièrement mis à jour, des petites mains s’agitent pour faire vivre le site dans l’ombre, Lire la suite

Le Haut Atlas marocain, du terrain au dessin

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Croquis de la vallée par un élève de CM2

Nous vous avions déjà présenté le travail de Stéphane Bouron, fortuitement homonyme de l’auteur de ces lignes, dans cet article sur le Haut atlas marocain. Cet instituteur en poste à l’école André Malraux de Rabat est retourné sur les lieux au printemps pour étudier plus longuement l’organisation spatiale de cette vallée montagnarde dont le thalweg dépasse les 2000 m d’altitude.

C’est l’occasion pour lui de faire de la « vraie » géographie avec des enfants de CM2, comme le montre le bloc-diagramme réalisé par l’un d’eux, ci-dessus, qui pourrait utilement inspirer bien des étudiants… A sa demande, j’ai réalisé à partir des croquis réalisés par Stéphane et sa classe le bloc-diagramme ci-dessous, en couleurs et en noir et blanc.

Oukaimeden2 Oukaimeden-NBLaissons la parole à ces élèves qui sont aujourd’hui en Sixième, Lire la suite

Carte : la périurbanisation au sud-est de Paris

Périurbanisation-Sud-Est-de-ParisUne nouvelle carte tirée du Bouron-Georges1Jean-Benoît Bouron, Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France, Une géographie des ruralités contemporaines. Ellipses, 456 p., 2015, desservie dans l’ouvrage par la contrainte du noir et blanc. La version couleur conviendra aux professeurs désireux de vidéoprojeter l’image à leurs élèves ou étudiants. Nous ne reviendrons pas ici sur les formes spatiales que prend la périurbanisation à l’échelle de l’agglomération (notons simplement au passage le rôle des forêts domaniales pour ralentir le front d’urbanisation, et inversement le rôle facilitateur du RER D2C’est l’existence d’un direct Paris-Melun qui explique la distance-temps de 35 minutes seulement entre les deux gares alors que des gares plus proches sont à 40 ou 50 minutes de trajet). Cette carte vise à placer dans un contexte plus vaste quatre vignettes représentant la morphologie du bâti, qui sont pour leur part à l’échelle de la carte topographique. Les quatre exemples que nous avons choisi permettent de s’exercer à la lecture des formes du bâti sur les cartes à grande échelle à partir de cas très individualisés. Lire la suite

Notes   [ + ]

1. Jean-Benoît Bouron, Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France, Une géographie des ruralités contemporaines. Ellipses, 456 p., 2015
2. C’est l’existence d’un direct Paris-Melun qui explique la distance-temps de 35 minutes seulement entre les deux gares alors que des gares plus proches sont à 40 ou 50 minutes de trajet

Le casse-tête géographique : cartographier la richesse des nations

Depuis que j’enseigne la mondialisation et la géographie du développement (donc depuis que j’enseigne tout court), je suis confronté à une douloureuse question. Lorsque les élèves ont colorié les pays riches (habituellement les pays de feu le « Nord » moins l’ex-URSS), les pays en transition, les BRICS, les pays ateliers (et/ou leurs acolytes, émergents, exportateurs, pétroliers, etc.) et enfin les déprimants Pays les Moins Avancés, que faire de ce qui reste, des ni producteurs, ni riches, ni moins avancés ?

Comment trouver un classement qui permette de trouver une place à chacun des 193 pays du monde, même une place par défaut ? (193, plus ou moins, selon qu’y figurent le Vatican, la Palestine, etc.). La question n’est pas si épineuse qu’on ne s’y puisse frotter… J’ai donc fouillé Wikipédia à la recherche de classements et de sources fiables pour lesdits classements. Quand je pense que certains enseignants déconseillent à leurs élèves d’utiliser ce formidable outil de connaissance… Wikipédia m’entraîne sur les sites du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OPEP, de la CIA (World facts) et de l’ONU. Précisons qu’il ne s’agit pas ici (bien sûr !) de distribuer des bons points à tel ou tel pays mais de démêler un peu la géographie du monde.

Groupe 1 : Les pays riches Lire la suite

Une carte des paysages français…, en complément du « Bouron-Georges » !

carte paysages ruraux en france

 

A l’occasion de la parution des Territoires ruraux en France, publié par deux géothécaires aux éditions Ellipses* (oui on en parle beaucoup mais c’est parce qu’on est contents !), la Géothèque vous propose la version couleurs d’une carte disponible en noir et blanc dans l’ouvrage. Elle donne à lire la diversité des paysages ruraux français. C’est certes un lieu commun de la géographie française, mais la formule toute faite n’en est pas pour autant dénuée de fondement. C’est d’ailleurs cette diversité à plusieurs échelles qui rend la généralisation particulièrement risquée, et le travail du cartographe périlleux. Ce n’est donc pas sans consentir à de grands sacrifices que nous avons construit cette carte bariolée. Résultat des données très fines de Corine Land Cover, c’est-à-dire de la photo-interprétation d’images satellitaires, elle prend volontairement la modernité à contre-pied en se voulant un hommage aux anciennes cartes murales, dont la mode actuelle reflète un certain engouement pour l’ambiance austère des salles de classe de la IIIe République**. Lire la suite

Croquis : Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation

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Deux croquis destinés tout particulièrement aux classes de Terminale. Il s’agit en fait du corrigé de l’un des cinq croquis exigibles au baccalauréat en Terminale S, sur le sujet : « Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation ». L’objectif est théoriquement pour l’élève de construire le croquis en une grosse heure, ce qui pousse à l’apprentissage par cœur de ces cinq croquis. Il est bien sûr souhaitable de faire construire la carte par les élèves, mais il peut être utile également d’en proposer un corrigé. Ce qui ne doit pas forcément devenir une habitude peut permettre, en début d’année, de montrer l’exemple en posant certains réflexes cartographiques. Cela peut s’appuyer sur une réflexion sur les figurés, par exemple en s’appuyant sur ce document : Lire la suite

Fonds de carte de la région Auvergne-Rhône-Alpes

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Ces deux documents sont appelés à être modifiés dans l’avenir, mais il a paru utile de les publier dès aujourd’hui pour répondre à l’insoutenable dilemme des Auvergnalpins en recherche de fonds de carte pour colorier les 13 départements de leur nouvelle grande région. Le suspense reste entier concernant les noms, tant de notre région que de ses voisines. Allons-nous succomber à la manie des sigles et visiter la place des Quinconces en ALPC et celle du capitole en LRMP ? Allons nous jouer au jeu des acronymes et visiter le Futuroscope en région Alicha, ou le salon littéraire de Lodève en Mipilarou ? Une chose est sûre, en attendant que Clermont-en-Bresse devienne le chef lieu de la Drôme-et-Loire, les cartographes vont continuer à avoir du pain sur la planche. Les professeurs des classes de 3e, pour l’instant, peuvent garder leurs fonds de cartes hérités de la loi Defferre, le Diplôme National du Brevet 2016 conserve l’ancienne carte des régions, en attendant d’y voir plus clair.